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Deuxième qualification de rang du PSG face à Chelsea : quelle valeur donner à cette performance ?

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Deuxième qualification de rang du PSG face à Chelsea : quelle valeur donner à cette performance ?

Jeudi matin, les supporters Parisiens se sont réveillés encore baignés par l’euphorie de la 4ème qualification consécutive de leur club pour les 1/4 de finale de la Ligue des Champions, la 2e aux dépens de Chelsea. Néanmoins, si certains se sont attardés un peu trop longtemps sur les analyses et commentaires d’après match délivrés par une partie des médias français, le sentiment d’allégresse a pu quelque peu s’évaporer.

En effet, certains spécialistes, pourtant pointés du doigt par Laurent Blanc juste après le coup de sifflet final, auraient tendance à minimiser la portée de la performance du PSG.

En préambule, il conviendrait de rappeler que cette victoire et qualification parisienne est historique sur bien des points. Pour le PSG d’abord. Avant hier soir, Paris ne s’était jamais imposé en terre anglaise.

Ensuite, avec ses deux victoires 2-1 sur les Blues, Paris fait désormais pencher la balance en sa faveur dans ses confrontations avec les Londoniens : Paris compte désormais 3 victoires et 3 nuls pour 2 défaites.

Enfin, à l’échelle du football français tout entier, le PSG a également réussi une double performance remarquable : il s’agit de la première victoire française à Stamford Bridge et le PSG est le premier club de l’hexagone à parvenir à se qualifier pour la 4ème fois de rang en 1/4 de finale de Ligue des Champions. On notera que ces faits n’ont pas forcément été relayés par tous nos médias depuis hier soir.

Quand les spécialistes s’emmêlent les pinceaux

Mais qu’en pensent d’ailleurs les « spécialistes » du ballon rond en France ? Nous avons pris le temps d’étudier les déclarations des principaux consultants et journalistes vedettes des grands médias traitant de l’actualité du football.

Eric Di Méco, commentateur hier soir du match sur Bein Sport et consultant sur RMC est l’un d’entre eux. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le natif d’Avignon semble pouvoir, si le besoin s’en fait sentir, se reconvertir en vendeur de vêtements. Oui, vendeur de vêtements. En vestes réversibles tout particulièrement.

Dans l’émission « Luis Attaque » (diffusée sur RMC) il s’est fendu de la sortie suivante « Ne me mettez pas Chelsea dans les grands d’Europe ! Ils sont 13e Premier League » (10e NDLR) . Passons au sujet de l’affirmation erronée concernant le classement des Blues, mais revenons plutôt sur l’approche du match retour vue par le même Eric Di Méco, quelques jours auparavant : « Le niveau de Chelsea m’inquiète. Ils sont en progrès. Je ne les voyais pas à ce niveau. »

Mais Eric Di Méco est loin d’être le seul à revoir rapidement ses positions. Avant même le match aller, Didier Roustan (L’Equipe) faisait part de son pessimisme. Au sujet de la victoire 3-0 du PSG en Coupe de France face à l’Olympique Lyonnais, il pointait les défaillances suivantes : « Thiago Motta n’y est plus. Rabiot a du mal à émerger ». Devant un tel constat d’alarme, le PSG avait donc de quoi s’inquiéter en pensant à Chelsea.

Invité par L’Equipe 21 à livrer son opinion sur le match, Didier Roustan a eu la réflexion suivante « C’est une superbe équipe mais bousculée par des fantômes. Si Chelsea était plus ambitieux, ils auraient gagné. » Le tacle est appuyé. Non seulement le PSG s’est retrouvé en difficulté, chahuté par les « fantômes de Chelsea », mais, en plus, les Anglais (pourtant défaits 2 fois en 2 matchs) auraient pu s’imposer selon Roustan.

Répondant ensuite à un de ses collègues qui plaçait le Football Club de Chelsea parmi les grosses cylindrées européennes au niveau de la Juventus de Turin, Roustan s’emporte « Tu ne vas pas comparer Chelsea et la Juve qui vient d’aligner 14 victoires et 1 nul sur les 15 derniers matchs » (12 victoires, 2 nuls et 1 défaite en réalité).

Chelsea 1er sur la phase retour et redoutable sur ses terres

Didier Roustan, comme Eric Di Méco, semble donc avoir accès à des informations pour le moins parcellaires, si ce n’est tout bonnement inexactes. Gageons alors que les deux hommes ne doivent pas être au courant de cette donnée : depuis le début de la phase retour en Angleterre (20e journée), Chelsea occupe tout simplement la place de…leader !

En effet, avec 20 points engrangés, les Blues, ex-aqueo avec West Ham, devancent les deux candidats au titre, Leicester et Tottenham 19 points chacun. Autre fait notable à mettre à l’actif de l’équipe de Guus Hiddink, ses hommes sont tout simplement invaincus sur cette période, quand les 6 premiers du championnat ont tous, au moins, concédé une défaite.

Ainsi, Chelsea, handicapé par son début de saison manqué, mais pourtant nettement revigoré depuis décembre, ne serait plus qu’un banal faire-valoir sur la scène européenne. Une sorte de victime expiatoire toute trouvée pour le PSG qui se devait forcément de passer l’obstacle anglais.

Si avoir démontré au paragraphe précédent que les Blues étaient sur une dynamique excellente au cours des derniers matchs ne suffit pas encore, nous pourrions aussi mentionner que l’on parle là des vainqueurs de la Ligue des Champions 2012, de l’Europa League 2013 et…4ème à l’indice UEFA. Excusez du peu ! Et puis, peut être faut-il aussi rappeler qu’il n’est pas interdit de réaliser une saison moyenne sur le plan domestique tout en brillant sur la scène européenne.

L’année de son sacre en Champions League, Chelsea avait terminé 6e en championnat à 25 points de Manchester City. Et cette saison, en Ligue des Champions, les Blues ont tout de même réussi à terminer premier d’un groupe comptant notamment le FC Porto et le Dynamo Kiev respectivement 8e et 27e à l’indice UEFA.

Mais surtout, l’équipe de Chelsea, c’est une vraie culture européenne. Sur les 10 dernières campagnes, en plus de ces 2 titres, Chelsea compte une finale de Champions League perdue aux tirs aux buts et 3 demi-finales. Soit tout de même une présence régulière (à 6 reprises) dans le dernier carré des compétitions européennes.

Avant hier, Jonh Terry rappelait les grands moments qu’avait connu Stamford Bridge lors de soirées européennes mémorables. Le capitaine anglais ne s’y trompe pas, c’est bien dans cette enceinte mythique et quasiment imprenable que Chelsea a construit la majeure partie de ses succès européens. En 10 ans, les Blues y ont livré 54 matchs de Coupe d’Europe (dont 50 en Ligue des Champions), ils n’y ont connu la défaite qu’à 4 reprises.

Ainsi, en plus d’être resté, jusqu’à hier soir, une forteresse insoumise aux clubs français, Stamford Bridge a donc donné bien du fil à retordre à tous les cadors du vieux continent. Seuls Barcelone, l’Inter de Milan, Manchester United et  l’Atletico Madrid ont tour à tour forcé la clé du donjon londonien. Coïncidence ou non, ces 4 équipes sont parvenus en finale l’année de leur victoire au Bridge. De quoi donner des idées aux partenaires de Zlatan Ibrahimovic.

Paris vainqueur avec un milieu de terrain amoindri

Dans la semaine précédent le match retour, on a entendu de nombreuses raisons pour lesquelles le PSG pourrait être amené à souffrir en Angleterre. S’il y en avait bien une pour lesquelles les journalistes se rejoignaient tous, c’était la possible absence de Marco Verratti sur la feuille de match.

Jean-Michel Larqué, consultant sur RMC, livrait ainsi son sentiment « Il y a des inquiétudes avec les blessures de Matuidi et Verratti. Sans les deux à Chelsea la tâche du PSG n’en sera que plus difficile ». A quelques minutes du coup d’envoi, Larqué n’hésitait pas à aller plus loin en direct à l’antenne et évoquait cette fois les difficultés que le milieu du PSG avait rencontré face à Darder, Gonalons et Ferri lors de sa défaite 2-1 au Parc OL.

Que fallait-il comprendre des propos de Jean Michel Larqué ? Considérait-il que les 3 lyonnais étaient du même niveau que Fabregas, Mikel et Willian ? Ou bien pensait-il encore que si Paris avait souffert à Lyon, dans un match sans enjeu pour le club de la capitale, il allait fatalement en être de même face à Chelsea dans ce qui s’apparentait au match de l’année pour les parisiens ?

Vincent Duluc, grand rédacteur à L’Equipe, écrivait, lui, après la défaite à Lyon dans les colonnes du quotidien sportif: « La défaite contraindra Paris à se qualifier en Coupe de France à Saint Etienne pour éviter une alerte générale. Le fond n’a pas changé, sans Verratti le PSG n’y est pas. »

On pourrait aussi citer Bruno Salomon de Radio France Bleue et encore bien d’autres de ses confrères qui craignaient de voir le PSG souffrir sans son métronome italien. L’auteur de ces lignes s’inquiétait aussi de l’absence de Marco Verratti, de la titularisation de Blaise Matuidi à peine remis de sa blessure, du manque de rythme de Javier Pastore. Et ces inquiétudes semblaient légitimes.

Mais alors, si journalistes, consultants et supporters s’accordaient à dire que avec une courte victoire (2-1 à l’aller) et un milieu de terrain diminué par les blessures, le PSG pouvait se retrouver en difficulté à Stamford Bridge, pourquoi finalement au lendemain de la victoire des parisiens dévaloriser le niveau de l’adversaire en revenant sur son classement en Angleterre ou bien sur ses mauvaises performances de septembre à décembre ?

D’ailleurs, si le PSG a été plutôt solide en défense et performant devant, le secteur qui a le plus souffert s’avère bien être son milieu de terrain. Avec un Thiago Motta orphelin de son compère Verratti et coupable sur l’égalisation de Chelsea, un Blaise Matuidi insuffisamment remis de sa blessure et incapable d’effectuer son pressing habituel, et encore moins d’apporter offensivement, et un Adrien Rabiot, bien que buteur, mais coupable de deux mauvaises relances, l’une amenant le but de Diego Costa et l’autre la première frappe cadrée du match, dès la 3e minute.

Il s’agit de ne pas se tromper. On ne parlera plus d’exploit comme lors de la qualification de l’an passée acquise à 10 contre 11, mais, néanmoins, au regard de la condition physique de ses milieux de terrains, des performances de Chelsea depuis l’arrivée de Guus Hiddink, et de l’histoire européenne des Blues, le Paris Saint Germain a bien réalisé une grande performance hier soir.

Le genre de performance qui fait que aujourd’hui le club peut légitimement se projeter sur la suite de la compétition en ambitionnant de rejoindre le dernier carré de la compétition, voire la marche supérieure dès cette saison.

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