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Nedjari : Motta "il n’est pas très malin de laisser un tel joueur sur un banc de touche pendant 75 minutes"

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Nedjari : Motta « il n’est pas très malin de laisser un tel joueur sur un banc de touche pendant 75 minutes »

Hier soir contre Toulouse, le Paris Saint-Germain dans son ensemble n’a pas Ă©tĂ© très bon. Mais dans cette dĂ©faite (2-0, 7e journĂ©e de Ligue 1), deux joueurs ont particulièrement Ă©tĂ© dĂ©cevants: Serge Aurier et Thiago Motta. Le journaliste Karim Nedjari a dĂ©cidĂ©, sur le blog Yahoo, d’analyser la situation du milieu italien de 34 ans. Et il veut montrer ainsi que le style de jeu d’Unai Emery ne convient pas qu’il utilise mal le talent de son joueur.

« Face aux Toulousains, l’international italien a montré tous ces visages en peu de temps. Entré à la 70e minute à la place de Blaise Matuidi, il a écopé d’un premier avertissement cinq minutes plus tard. Dans la minute suivante, il aurait dû être expulsé en poussant grossièrement le Toulousain Sylla coupable de retarder le jeu alors que Toulouse mène (1-0) contre le cours du jeu. A la 79e, la situation s’aggrave. En ratant une passe en retrait toute simple, fait rare chez lui, Thiago Motta offre un ballon en profondeur à Durmaz qui trompe Aréola pour offrir deux buts d’avance et la victoire au TFC.

Le naufrage de Thiago Motta lors du dernier quart d’heure est très symbolique de la situation actuelle du PSG. Du temps de Carlo Ancelotti ou de Laurent Blanc, Thiago Motta symbolisait le jeu court, en redoublement de passes, et la maîtrise technique. Tout était dans la possession, la patience et le déséquilibre de l’adversaire qui devenait impuissant au fil des minutes à force de courir après le ballon.

L’identité de jeu voulue et imposée par Unai Emery ne convient pas à l’expérimenté Thiago Motta qui n’a pas le coffre ni la philosophie pour aller presser l’adversaire. Il joue contre nature et à contre-emploi. Son énervement, ses gestes d’humeur et son regard noir à la sortie du match trahissent son incompréhension. De plus, il n’est pas très malin de laisser un tel joueur sur un banc de touche pendant 75 minutes. Surtout à son âge. Sa rage altère sa lucidité.

Si Unai Emery veut changer le style de jeu du PSG, et c’est son droit, il doit assumer de se séparer de joueurs cadres, importants dans le vestiaire. Pour le moment, il compose pour pouvoir régner sur un groupe aux fortes personnalités. Evidemment, on pourra rétorquer que Marco Verratti était absent. Mais un club au budget de 560 millions d’euros ne peut dépendre de l’absence d’un seul joueur. Ni surtout s’incliner face à une bande de gamins qui devraient évoluer en Ligue 2 si Pascal Dupraz n’avait pas réalisé un miracle la saison dernière. En concédant une deuxième défaite en sept matchs de championnat, du jamais-vu sous l’ère qatarie, le PSG démontre qu’il se trouve entre deux époques et qu’Emery ne parvient pas encore à choisir son style de jeu et les joueurs pour l’appliquer. Thiago Motta, lui aussi, semble perdu. »

Le fait que Thiago Motta n’a pas Ă©tĂ© bon vendredi est indĂ©niable. Et peut-ĂŞtre qu’il n’est pas le joueur le plus adaptĂ© Ă  la tactique d’Emery, mĂŞme s’il a Ă©tĂ© meilleur sur ses dernières prestations. Seulement, un coach n’a pas Ă  faire forcĂ©ment toute son Ă©quipe pour un seul joueur, mĂŞme s’il a fait partie des cadres les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. Certes, cela dĂ©stabilise un peu l’Ă©quipe, mais il faut aussi passer par lĂ  pour lancer un nouveau cycle et progresser dans un autre sens.

Sinon, on garde les joueurs jusqu’Ă  la fin de leur carrière en regardant leurs performances ĂŞtre de moins en moins bonnes. On peut voir souvent ce problème dans le football, avec une peur de sortir des cadres de l’Ă©quipe titulaire pour en installer de nouveaux (notamment en Ă©quipe nationale, comme on l’a vu dans les dernières annĂ©es avec la France ou l’Italie). Or Emery est lĂ  pour apporter quelque chose et lancer le PSG sur une nouvelle ère. Ce dont tout le monde avait conscience en juillet, notamment parce que Zlatan Ibrahimovic Ă©tait parti. Mais cela prend du temps, ce n’est pas facile. Ce que tout le monde savait aussi avant le dĂ©but de la compĂ©tition.

Mais maintenant que les choses se passent, on peut voir beaucoup d’impatience et un peu d’incohĂ©rence. Emery veut installer sa philosophie, il semble alors normal de ne pas mettre un joueur titulaire indiscutable quand il n’a pas « le coffre ni la philosophie » pour suivre sur tout le match.

Et puis Nedjari traite ce cas comme si Motta avait toujours Ă©tĂ© impĂ©rial avant. En effet, il a fait de très belles annĂ©es depuis qu’il est au PSG. Mais cela fait un an (donc dĂ©jĂ  avec Laurent Blanc, qui avait pourtant une tactique faite pour lui) que l’Italien est moins bien. Ses passes font un peu moins souvent mal Ă  l’adversaire, il y a quelques pertes de balles et il peine Ă  la rĂ©cupĂ©ration. Avant l’Ă©tĂ©, beaucoup voulaient que Motta soit remplacĂ©. Alors rendre Emery responsable de sa baisse de forme ne semble pas juste.

Le PSG a du mal Ă  enchaĂ®ner dans ce dĂ©but de saison. Mais assez normal dans un dĂ©but de cycle. Il faut laisser du temps pour que les choses se mettent en place. C’est le football, il n’y a pas beaucoup de temps disponible (Ă  cause des critiques, de la pression, les matchs qui s’enchaĂ®nent vite) et pourtant il est nĂ©cessaire. Bien sĂ»r, Paris prĂ©fĂ©rerait tout gagner, mais il faut parfois accepter une pĂ©riode un peu difficile pour ensuite briller.

Et ce n’est pas comme si tout avait Ă©tĂ© mauvais dans ce qu’a fait le PSG. MĂŞme contre Toulouse. Le match est jugĂ© par le rĂ©sultat (comme trop souvent), mais le gardien toulousain a Ă©tĂ© beaucoup plus mis Ă  contribution que le Parisien. Malheureusement, Lafont Ă©tait une dans une superbe forme et Areola n’a pas pu faire grand chose face aux cadeaux d’Aurier et Motta, qui sont les deux seules vraies occasions de but de Toulouse.

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