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Thomas Tuchel Portrait de l'entraîneur atypique annoncé au PSG

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Thomas Tuchel : Portrait de l’entraîneur atypique annoncé au PSG

Ces dernières semaines, le nom de Thomas Tuchel a de nombreuses fois été associé au Paris Saint-Germain. Annoncé comme favori au remplacement d’Unai Emery sur le banc parisien, l’Allemand serait même déjà engagé avec le club de la capitale. Mais qui est Thomas Tuchel ? Comment est-il arrivé au haut niveau et pourquoi les dirigeants parisiens se sont focalisés sur son profil ? 

Un immense merci à @rulebavaria (Elias) pour toutes ces infos qu’il a traduit du livre de Tobias Escher Zeit Der Strategen.

Un profil différent.

D’abord joueur, Thomas Tuchel, né le 29 août 1973 (44 ans) à Krumbach, se reconverti en coach au début des années 2000 à la suite d’une grave blessure au genou. Un rêve de devenir footballeur qui se termine trop tôt pour l’allemand, qui s’était fixé des règles strictes sur son alimentation et hygiène de vie en générale. Travaillant même comme barman pendant un temps en attendant une place, Tuchel se voit ré-ouvrir les portes du monde du football grâce à Ralf Rangnick. Rangnick le débusque en lui proposant un stage à Stuttgart et Tuchel se découvre un talent pour le scout et l’appréciation du niveau des joueurs. C’est alors que l’Allemand est pris sous l’aile d’Hermann Badstuber, père de l’actuel défenseur de Stuttgart, Holger Badstuber.

Il lui fait découvrir le métier d’entraîneur et lui prouve la difficulté de ce poste tout en lui transmettait sa soif de connaissance. Tuchel a donc appris énormément en quelques années passant par différents postes au sein de la hiérarchie, en travaillant comme entraîneur, analyste ou encore scout. Il remporte d’ailleurs le championnat U19 avec Mayence ce qui lui permet de se faire un nom parmi les entraîneurs allemands et décroche le plus haut diplôme d’entraîneur en tant que major de sa promo.

Les débuts en tant que coach.

Christian Heidl, manager de Mayence, promeut alors Tuchel en tant que coach de l’équipe première. Une décision plutôt étonnante quand on ne connaît pas l’homme. Il passera 5 années à Mayence en totalisant le 5e plus grand total de points en Bundesliga, alors que Mayence est loin d’avoir le meilleur effectif sut le papier. Il adoptait le style de la formation miroir, qui visait à contrer la formation adverse, comme lorsqu’une équipe évolue en 4-3-3 alors Mayence évoluera en 4-3-2-1.

Cette tactique de « contre » permet de multiplier le nombre de duels et donc d’atténuer les faiblesses individuelles de l’équipe en augmentant le taux d’erreur de l’adversaire. C’est aussi une des facettes de Tuchel, qui est le travailleur acharné qui respire le football. Chaque week-end son équipe pouvait changer de visage grâce à des sessions tactiques poussées.

La reconnaissance.

Limité techniquement à Mayence, l’arrivée du mot « Matchplan » en Allemagne permet à Tuchel de se faire connaître. Poussant les sessions tactiques jusqu’une sorte de « perfection », Tuchel s’inspire de ses pairs (Pep Guardiola ou encore Jürgen Klopp) afin d’affiner sa tactique et de trouver de nouveaux plans de jeu. Il s’inspire aussi d’autres sports ainsi que la science afin de développer son QI footballistique et sportif en général pour transmettre au mieux la théorie à son équipe qui doit l’appliquer. Il planifie l’entraînement lui-même et le supervise. Dans les moindres détails, tout doit être parfait.

Il pratique l’ « apprentissage différentiel », ce qui veut dire qu’en match, il y a un nombre infini de situation et qu’il ne sert à rien de répéter toujours la même. Il confronte ses joueurs à de nouvelles situations tous les jours en créant un nouveau challenge à chaque fois. Il fait preuve d’une grande ingéniosité dans ce domaine et pousse l’entraînement sur un terrain non tondu, des jeux en 2 touches obligatoires, une délimitation du terrain inédite pour forcer les joueurs à jouer sur certaines zones.

L’un des entraînements le caractérisant le mieux est celui où les joueurs doivent tenir des balles de tennis dans chaque mains afin d’arrêter de tirer le maillot du joueur adverse. Insolite, un mot qui décrit aussi Thomas Tuchel. Mais cette vision différente des choses permet à son équipe d’être la mieux préparée possible.

Cependant, les entraînements sont fatiguants physiquement et mentalement pour les joueurs qui doivent se dépasser et faire mieux à chaque fois face à une nouvelle situation. L’équipe ne doit pas réfléchir, elle doit faire une confiance aveugle à son entraîneur et donc réagir le plus vite possible quand une situation se présente. Il faut des joueurs prêts à tout donner et capables de suivre

Un perfectionniste strict.

Tuchel a instauré de nombreuses règles à ses équipes, comme par exemple, un repas obligatoire après chaque entraînement et l’obligation d’y rester minimum 30 minutes, bien sûr, sans téléphone.

Avec sa tactique, Mayence était métamorphosé et au bout de 5 années, l’envie lui pris donc de changer d’air. Tuchel a décidé de prendre une année sabbatique. Il a profité de cette dernière pour s’instruire et lire, énormément, rencontrant plusieurs fois Guardiola pour discuter de tactique et de matchplans. Toutes ces discussions l’ont inspirés et lorsqu’il signe à Dortmund en 2015, il y applique un 4-3-3 qui ne bougera plus.

La saison précédente avec Klopp, Dortmund n’y arrivait pas et ne savait plus garder le ballon, un point de jeu qui a été métamorphosé à l’arrivée de Tuchel totalisant le plus grand nombre de points pour une seconde place en Bundesliga lors de sa première saison. La saison suivante fût plus compliquée avec le départ de ses 3 piliers, Hummels, Gundogan et Mkhitaryan. Tuchel décide donc de rejouer la flexibilité comme à Mayence. Toutes les semaines un nouveau 11 jusqu’à la découverte du 3-2-4-1 asymétrique. Il a avoué que ce système était complètement dû au hasard et qu’il avait remarqué que son équipe jouait comme cela et que ça marchait. Il sera ensuite limogé par ses dirigeants, non pas pour ses compétences tactiques mais à cause d’un profond désaccord avec ses dirigeants autour, notamment, du match de Ligue des Champions joué contre l’AS Monaco au lendemain de l’attaque subie par l’équipe dans son bus.

La fin de l’aventure au BVB et son côté obsessionnel.

La fin de son aventure à Dortmund était aussi due au  fait que les dirigeants achetaient des joueurs sans le consulter. Par la suite, Tuchel décida d’écarter Mislintat, recruteur en chef, des entraînements de l’équipe ce qui n’a pas plu aux dirigeants. Sa réputation s’est donc renforcée après Dortmund : un théoricien, un intellectuel, de football mais aussi de sciences, cependant pas le plus simple au niveau des relations.

Contrairement à Klopp par exemple, Tuchel est incapable de rester devant les médias pour des sujets autres que le football. Mais pour ce sport, il peut passer des heures à en parler. Tuchel médite aussi 2 fois par jour et surveille tout ce qu’il mange, une rigueur qu’il tient de son passé de footballeur. C’est pour cela qu’il attend tant de ses joueurs car lui aurait tout fait pour y arriver, et il ne comprend pas ceux qui ne se donnent pas à fond pour ce qu’ils aiment. C’est le seul côté « négatif » qu’on pourrait trouver chez lui, sa non-compréhension des joueurs qui ont d’autres hobbies que le foot et qui ne pensent pas à ça 24h/24.

Mais Tuchel n’est pas qu’un puit de connaissance, sa force est de savoir mettre en pratique cette connaissance, avec l’exemple de Mkhitaryan dont lui seul a su exploiter le potentiel. En effet, le blocage chez le joueur arménien était d’ordre psychologique et Tuchel en lui offrant un livre de psychologie datant des années 70 a su le débloquer. Il lui a aussi demandé de faire des exercices de méditation afin de contrôler ses émotions et être le plus performant possible. C’est donc ce côté obsessionnel et maniaque qui rend Tuchel aussi fort dans son rôle, sans ça il ne serait pas un coach exceptionnel et malgré ses disputes avec les dirigeants du BVB, ceux-ci n’ont jamais remis en causes ses compétences..

Encore merci à @rulebavaria (Elias) pour toutes ces infos qu’il a traduit du livre de Tobias Escher Zeit Der Strategen. Ce dossier étant en partie aussi le sien, je vous invite donc à aller voir son travail sur sa page Twitter où il dresse le portrait d’autres entraîneurs comme Nagelsmann ou Heynckes.

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