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Exclu – Quiniou : « Ibra ne fait pas peur aux arbitres »

Publie le 15/01/2013 a 14:00



  • Ancien arbitre international devenu consultant pour Canal+ et RMC, Joël Quiniou a répondu aux questions de ParisFans autour de l’arbitrage du PSG. Entretien avec le Français qui détient le record du nombre de matches dirigés en Coupe du Monde (huit).

    PF : L’expulsion directe de Thiago Motta vendredi face à Ajaccio vous paraît-elle justifiée ?

    JQ : Au départ, le geste est commis avec de l’agressivité mais le milieu parisien ne vise pas délibérément la cheville du joueur corse. Mais le tacle n’est pas bien maîtrisé, il met en danger l’intégrité physique de Sammaritano. Il y a eu une parfaite collaboration entre l’arbitre central et son assistant : ils ont pris la bonne décision, surtout quand on voit la blessure du joueur. Si la faute de Motta n’est pas intentionnelle, elle n’en demeure pas moins grossière.

    A combien de matches de suspension doit-il être condamné par la commission de discipline ?

    Soulignons qu’il ne s’agit pas d’un deuxième carton jaune. La sanction devrait dépasser le match ferme et automatique. Après tout dépend de la façon dont il plaidera sa cause. Ce n’est pas une brutalité avérée, la commission se basera certainement sur sa jurisprudence en la matière.

    Zlatan Ibrahimovic fait-il peur aux arbitres français ?

    Non, ce sont des fantasmes et des idées reçues. Les arbitres se concentrent sur l’ensemble des joueurs et non sur une individualité en particulier. Zlatan Ibrahimovic possède un physique particulier, il fait preuve de beaucoup d’engagement sur le terrain. Évidemment, pour un arbitre, il est plus difficile à gérer qu’un joueur lambda. Mais le football est un sport de contact. La vraie question est de savoir jusqu’où peut aller cet engagement. Il n’y a pas de régime particulier, ni de vérité absolue, les arbitres ne doivent pas être conditionnés.

    Au cours de votre carrière, avez-vous déjà eu l’occasion d’arbitrer des joueurs aussi charismatiques que Zlatan Ibrahimovic ?

    J’ai arbitré Maradona, lors de la Coupe du Monde 1990 en Italie. A lui seul, il pouvait influencer le cours du jeu, il avait une véritable emprise. Il possédait cette faculté d’avoir une présence exceptionnelle. Comme Ibrahimovic, c’est une personnalité qui se perçoit immédiatement. La façon dont ils parlent aux joueurs, le jeu qui gravite autour d’eux… Les adversaires ont une certaine retenue envers eux.

    « L’arbitre doit être neutre, quand il y a faute contre nous, il faut siffler », a déclaré Zoumana Camara à la mi-temps du match de Coupe de France face à Arras. Le PSG est-il encore un club arbitré comme les autres cette saison ?

    On peut considérer la frustration, mais celle-ci ne doit pas aveugler la décision. Il s’agit d’une déclaration à chaud : il n’y a ici ni recul, ni réflexion. Il faut toujours être vigilant, prendre sur soi et ne pas rentrer dans ces débats stériles. Ça ne fait pas avancer la réflexion, chacun reste dans sa tour d’ivoire. Ces débats ont toujours eu lieu pour les grosses cylindrées, mais il ne faut même pas entrer dedans. L’arbitre a besoin de sérénité. Aujourd’hui, le football est encore plus médiatisé avec les réseaux sociaux. La surmédiatisation crée la difficulté. L’idéal pour l’arbitre, c’est de faire abstraction et ne pas être à l’affût de ce qui se dit dans la presse. C’est aussi ça qui fait la force d’un arbitre.

    Les Sud-Américains et les Italiens composent une partie importante de l’effectif parisien. Comment doit procéder l’arbitre sur le terrain au niveau de la langue ?

    La première des langues, c’est le sifflet. Ensuite, quelques termes anglais reviennent fréquemment. Parfois, un regard suffit. Il y a toujours possibilité de s’exprimer par gestes ou accolades, de dépassionner et dédramatiser une situation. Néanmoins, les joueurs étrangers comprennent rapidement les termes importants.

    Le PSG et sa nouvelle « vitrine » peuvent-ils mettre l’arbitrage français en lumière à l’échelle européenne ?

    Bien sûr ! Avoir une telle locomotive, c’est important pour l’arbitrage français. Au-delà de l’arbitrage, tout le football français peut en tirer profit.

    Publie le 15/01/2013 a 14:00

    Exclu – Quiniou : « Ibra ne fait pas peur aux arbitres »

    Ancien arbitre international devenu consultant pour Canal+ et RMC, Joël Quiniou a répondu aux questions de ParisFans autour de l’arbitrage du PSG. Entretien avec le Français qui détient le record du nombre de matches dirigés en Coupe du Monde (huit).

    PF : L’expulsion directe de Thiago Motta vendredi face à Ajaccio vous paraît-elle justifiée ?

    JQ : Au départ, le geste est commis avec de l’agressivité mais le milieu parisien ne vise pas délibérément la cheville du joueur corse. Mais le tacle n’est pas bien maîtrisé, il met en danger l’intégrité physique de Sammaritano. Il y a eu une parfaite collaboration entre l’arbitre central et son assistant : ils ont pris la bonne décision, surtout quand on voit la blessure du joueur. Si la faute de Motta n’est pas intentionnelle, elle n’en demeure pas moins grossière.

    A combien de matches de suspension doit-il être condamné par la commission de discipline ?

    Soulignons qu’il ne s’agit pas d’un deuxième carton jaune. La sanction devrait dépasser le match ferme et automatique. Après tout dépend de la façon dont il plaidera sa cause. Ce n’est pas une brutalité avérée, la commission se basera certainement sur sa jurisprudence en la matière.

    Zlatan Ibrahimovic fait-il peur aux arbitres français ?

    Non, ce sont des fantasmes et des idées reçues. Les arbitres se concentrent sur l’ensemble des joueurs et non sur une individualité en particulier. Zlatan Ibrahimovic possède un physique particulier, il fait preuve de beaucoup d’engagement sur le terrain. Évidemment, pour un arbitre, il est plus difficile à gérer qu’un joueur lambda. Mais le football est un sport de contact. La vraie question est de savoir jusqu’où peut aller cet engagement. Il n’y a pas de régime particulier, ni de vérité absolue, les arbitres ne doivent pas être conditionnés.

    Au cours de votre carrière, avez-vous déjà eu l’occasion d’arbitrer des joueurs aussi charismatiques que Zlatan Ibrahimovic ?

    J’ai arbitré Maradona, lors de la Coupe du Monde 1990 en Italie. A lui seul, il pouvait influencer le cours du jeu, il avait une véritable emprise. Il possédait cette faculté d’avoir une présence exceptionnelle. Comme Ibrahimovic, c’est une personnalité qui se perçoit immédiatement. La façon dont ils parlent aux joueurs, le jeu qui gravite autour d’eux… Les adversaires ont une certaine retenue envers eux.

    « L’arbitre doit être neutre, quand il y a faute contre nous, il faut siffler », a déclaré Zoumana Camara à la mi-temps du match de Coupe de France face à Arras. Le PSG est-il encore un club arbitré comme les autres cette saison ?

    On peut considérer la frustration, mais celle-ci ne doit pas aveugler la décision. Il s’agit d’une déclaration à chaud : il n’y a ici ni recul, ni réflexion. Il faut toujours être vigilant, prendre sur soi et ne pas rentrer dans ces débats stériles. Ça ne fait pas avancer la réflexion, chacun reste dans sa tour d’ivoire. Ces débats ont toujours eu lieu pour les grosses cylindrées, mais il ne faut même pas entrer dedans. L’arbitre a besoin de sérénité. Aujourd’hui, le football est encore plus médiatisé avec les réseaux sociaux. La surmédiatisation crée la difficulté. L’idéal pour l’arbitre, c’est de faire abstraction et ne pas être à l’affût de ce qui se dit dans la presse. C’est aussi ça qui fait la force d’un arbitre.

    Les Sud-Américains et les Italiens composent une partie importante de l’effectif parisien. Comment doit procéder l’arbitre sur le terrain au niveau de la langue ?

    La première des langues, c’est le sifflet. Ensuite, quelques termes anglais reviennent fréquemment. Parfois, un regard suffit. Il y a toujours possibilité de s’exprimer par gestes ou accolades, de dépassionner et dédramatiser une situation. Néanmoins, les joueurs étrangers comprennent rapidement les termes importants.

    Le PSG et sa nouvelle « vitrine » peuvent-ils mettre l’arbitrage français en lumière à l’échelle européenne ?

    Bien sûr ! Avoir une telle locomotive, c’est important pour l’arbitrage français. Au-delà de l’arbitrage, tout le football français peut en tirer profit.




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    • Shadcfc

      Eclairage… Le foutage de gueule.
      Ca éclaire leur incompétence plutôt.

    • Olmecinho

      Il répond au question comme si il est encore en activité du coup on apprend rien a ces réponses

    • sergueyo

      Je ne vois pas quel éclairage un arbitre, Quiniou ou un autre, peut apporter sur l’expertise d’un autre arbitre ….. C’est une confrérie, donc la décision prise est toujours la bonne, quelle qu’elle soit ……

    • emre_cwalk

      Je suis globalement ok avec ses dires.
      Quand aux fautes commises sur Zlatan, je reste perplexe quand à la partialité que font preuve les arbitres.

       

    • 1.christiannie

      QUINIOU, le 12ème homme des sardines, à l’époque ou « nanard » lui faisait manger du caviard dans le creux de sa pogne…Avec lui, jamais de match des marseillais sans que l’adversaire n’ai des raisons de gueuler à l’assassin

      • pedroo95

        après cette triste époque les marseillais arrivent comme meme a se regarder dans une glace, c’est HONTEUX ! bien vue le com !

    • Birane

      Une vérité est que les arbitres ont tendance à siffler les fautes tardivement et moins souvent on peut pas avoir 60% d epossession et faire plus de fautes que l’adversaire c’est pas logique. C’est juste qu’on siffle moins d enotre coté.
      Lucas par exemple a du subir sur le dernier match pas moins de 10 fautes on en a sifflé que 2 ou 3 sur 10.

      • pedroo95

         c’est clair nos arbitres on les pêches a pole-emplois sa c sur !

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    JQ : Au départ, le geste est commis avec de l’agressivité mais le milieu parisien ne vise pas délibérément la cheville du joueur corse. Mais le tacle n’est pas bien maîtrisé, il met en danger l’intégrité physique de Sammaritano. Il y a eu une parfaite collaboration entre l’arbitre central et son assistant : ils ont pris la bonne décision, surtout quand on voit la blessure du joueur. Si la faute de Motta n’est pas intentionnelle, elle n’en demeure pas moins grossière.

    A combien de matches de suspension doit-il être condamné par la commission de discipline ?

    Soulignons qu’il ne s’agit pas d’un deuxième carton jaune. La sanction devrait dépasser le match ferme et automatique. Après tout dépend de la façon dont il plaidera sa cause. Ce n’est pas une brutalité avérée, la commission se basera certainement sur sa jurisprudence en la matière.

    Zlatan Ibrahimovic fait-il peur aux arbitres français ?

    Non, ce sont des fantasmes et des idées reçues. Les arbitres se concentrent sur l’ensemble des joueurs et non sur une individualité en particulier. Zlatan Ibrahimovic possède un physique particulier, il fait preuve de beaucoup d’engagement sur le terrain. Évidemment, pour un arbitre, il est plus difficile à gérer qu’un joueur lambda. Mais le football est un sport de contact. La vraie question est de savoir jusqu’où peut aller cet engagement. Il n’y a pas de régime particulier, ni de vérité absolue, les arbitres ne doivent pas être conditionnés.

    Au cours de votre carrière, avez-vous déjà eu l’occasion d’arbitrer des joueurs aussi charismatiques que Zlatan Ibrahimovic ?

    J’ai arbitré Maradona, lors de la Coupe du Monde 1990 en Italie. A lui seul, il pouvait influencer le cours du jeu, il avait une véritable emprise. Il possédait cette faculté d’avoir une présence exceptionnelle. Comme Ibrahimovic, c’est une personnalité qui se perçoit immédiatement. La façon dont ils parlent aux joueurs, le jeu qui gravite autour d’eux… Les adversaires ont une certaine retenue envers eux.

    « L’arbitre doit être neutre, quand il y a faute contre nous, il faut siffler », a déclaré Zoumana Camara à la mi-temps du match de Coupe de France face à Arras. Le PSG est-il encore un club arbitré comme les autres cette saison ?

    On peut considérer la frustration, mais celle-ci ne doit pas aveugler la décision. Il s’agit d’une déclaration à chaud : il n’y a ici ni recul, ni réflexion. Il faut toujours être vigilant, prendre sur soi et ne pas rentrer dans ces débats stériles. Ça ne fait pas avancer la réflexion, chacun reste dans sa tour d’ivoire. Ces débats ont toujours eu lieu pour les grosses cylindrées, mais il ne faut même pas entrer dedans. L’arbitre a besoin de sérénité. Aujourd’hui, le football est encore plus médiatisé avec les réseaux sociaux. La surmédiatisation crée la difficulté. L’idéal pour l’arbitre, c’est de faire abstraction et ne pas être à l’affût de ce qui se dit dans la presse. C’est aussi ça qui fait la force d’un arbitre.

    Les Sud-Américains et les Italiens composent une partie importante de l’effectif parisien. Comment doit procéder l’arbitre sur le terrain au niveau de la langue ?

    La première des langues, c’est le sifflet. Ensuite, quelques termes anglais reviennent fréquemment. Parfois, un regard suffit. Il y a toujours possibilité de s’exprimer par gestes ou accolades, de dépassionner et dédramatiser une situation. Néanmoins, les joueurs étrangers comprennent rapidement les termes importants.

    Le PSG et sa nouvelle « vitrine » peuvent-ils mettre l’arbitrage français en lumière à l’échelle européenne ?

    Bien sûr ! Avoir une telle locomotive, c’est important pour l’arbitrage français. Au-delà de l’arbitrage, tout le football français peut en tirer profit.

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