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Autour du PSG

La belle histoire de Sissoko

Souvent le premier à l’entrainement et encore plus fréquemment le dernier à le quitter, Momo Sissoko arrive en retard à l’interview qu’il donne à l’Equipe, sans avoir encore pris sa douche. « Certains me chambrent là-dessus. Mais c’est quelque chose dont j’ai besoin car ces deux dernières années je n’ai pas été épargné par les blessures. Alors je prends soin de moi, je mets tous les atouts de mon côté pour être bien physiquement, bien dans ma peau. »

Car il est vrai que le parcours du milieu malien a été ponctué de gros pépins physiques, surtout à Turin où il n’a joué que 35 matchs en 2 ans. «Après sept mois d’indisponibilité, c’était dur physiquement. Mentalement, j’étais au bord de la déprime. Quand je voyais mes coéquipiers de la Juve, en fin de saison, s’entraîner alors que moi j’étais à l’écart, ça me faisait mal au cœur. Et puis, quand on a une blessure aussi importante, tu ne sais pas à quel niveau tu vas revenir, tu te poses beaucoup de questions. »

Il est d’ailleurs arrivé blessé au PSG et a mis du temps à être opérationnel. Il a pourtant consentit de gros efforts comme lors de ce match avec la réserve, en CFA, contre Auxerre B (1-2, le 8 octobre). Encore alité pour cause de gastro-entérite le matin du match, il a insisté auprès d’Antoine Kombouaré pour faire une tentative. « Si, si, je viens. Je fais l’échauffement et je vois. » Il aura réussi à tenir une mi-temps avant de céder sa place. « Je suis allé chercher une force hors de moi, j’ai réussi à tenir une mi-temps mais bon, la seconde, c’était trop compliqué »

Pourtant en début de carrière, il a été relativement épargné par les blessures ce qui lui a permis de se constituer un très joli CV. En effet après cinq années passées au centre de formation de l’AJA sans jamais jouer en pro, le Malien prend la de direction Valence. «C’était un risque de partir à dix-huit ans. Mais quand un entraîneur comme Rafael Benitez vient vous chercher, c’est un signe. En plus, avec Auxerre, on ne s’est pas entendus sur mon contrat. » A ce moment là le jeune joueur arrive dans un autre monde. « La première fois, dans le vestiaire, j’ai vu des mecs comme Aimar, Angulo, Carboni, Ayala, Baraja…Je me suis dis que j’arrivais dans un vestiaire de fous et que c’était à moi de montrer que j’y avais ma place. ». Repositionné en milieu défensif par le technicien ibérique, Sissoko remportera son premier trophée en 2004, une coupe de l’UEFA arrachée aux dépends du Marseille de Barthez et Drogba.

Deux ans plus tard son ancien coach, parti à Liverpool, réussi à le faire venir en Angleterre. «À ce moment-là, j’étais surpris. Que Liverpool, champion d’Europe en titre, veuille encore de moi ?! Quand tu arrives dans ce club mythique, avec des joueurs comme Steven Gerrard et Xabi Alonso, tu réalises que tu changes de statut. » La Premier League est d’ailleurs un championnat qui a beaucoup plu au nouveau milieu parisien.« Le foot anglais, c’est le rêve. La vie, l’ambiance dans les stades, la relation avec les supporters, avec les gens du club… Je me suis vraiment épanoui là-bas. » Il en gardera d’ailleurs un grand souvenir avec en point d’orgue son match face à Chelsea (2-1), où il surclassa Ballack. «C’était kiffant de me mesurer à un tel joueur et de lui montrer que je n’étais pas un petit. Après ça, en Angleterre, les gens te respectent. »

Ses performances britanniques lui permettront de signer en 2008 à Turin. Cela coïncidera avec le début de ses problèmes physiques. « Quand je suis arrivé, j’étais au top de ma forme. Mais lors de ma troisième saison, je me blesse au cinquième métatarse. Je galère pour revenir. Derrière, je me fais le genou. À ce moment-là, je me dis : “Qu’est-ce qui se passe ?” »

La suite on la connait, une signature au PSG cet été, motivée par le grand intérêt de Léonardo et de Kombouaré.« Ça fait bizarre de revenir en France huit ans après. Trois ans avant, si on m’avait proposé un retour, je ne pense pas que j’aurais accepté. Mais là, Paris veut grandir et briller dans les compétitions européennes. Je sais que je suis dans un club ambitieux. C’est ce que je voulais. »

Le numéro 23 parisien doit donc encore faire ses preuves en France mais à l’image de ce but dimanche soir face à Bordeaux, il prouve déjà que l’intérêt porté en lui pourrait être très judicieux.

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