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Jérémy Ménez, l’étonnante dualité

« Jérémy Ménez est un peu casse-couilles en ce moment. Un peu trop perso. Mais c’est un très bon  joueur. Il accélère le jeu. Il peut faire la différence à tout moment. Quand tu ajoutes Nenê et Pastore, tu te dis que ces trois-là, c’est très très fort », a déclaré François Berléand ce jeudi, dans les colonnes du 10 Sport. Les propos de l’acteur de cinéma illustrent à merveille ce que peut ressentir un supporter du PSG lorsqu’il observe Jérémy Ménez sur un terrain. Dans tous les clubs où il est passé (Sochaux, Monaco, AS Roma et Paris), le natif de Longjumeau a prouvé qu’il était capable d’accomplir des actions de grande classe. La remarque est également valable lorsqu’il évolue sous les couleurs de l’équipe de France. Jérémy Ménez possède des qualités de puissance et d’aisance technique qui en font, potentiellement, l’un des meilleurs joueurs de l’Hexagone.

Fulgurances

Le joueur de 24 ans est aisément capable de laisser toute une défense sur place. Il est adroit des deux pieds et son jeu de tête est plutôt efficace. Toutefois, Jérémy Ménez manque cruellement de régularité dans ses performances. Il est aussi bien en mesure de débloquer une situation en faveur de son équipe en menant une offensive cinglante que de disparaître comme par enchantement du terrain pendant de très longues minutes, alors qu’il est encore présent physiquement sur la pelouse. Son homonyme n’hésite pas à lui adresser quelques pics. « J’avais une irrépressible envie de le tailler. Pourquoi ? Mais parce qu’il m’énerve ! Quand il prend la balle, il ne sait jamais à l’avance ce qu’il va en faire et pêche souvent dans le dernier geste », a écrit Pierre Ménès sur son blog. Immédiatement, le journaliste de Canal+ tempère ses propos, en raison du potentiel phénoménal que dégage le numéro 7 parisien. « Le jour où il sera plus clairvoyant à la sortie de ses dribbles, il deviendra indispensable à son équipe. Pour le moment, il est un paradoxe vivant : atypique, exaspérant et séduisant à la fois », analyse-t-il.

Auto-critique

Un match illustre parfaitement la façon dont Jérémy Ménez peut se montrer exaspérant. En Europa League, face au Slovan Brastislava (1-0), il a fait preuve d’autant d’individualisme que de nonchalance, accumulant les mauvais choix. L’ancien Romain est cependant conscient des progrès qu’il lui reste à accomplir. « C’est vrai que parfois je me montre individualiste. Je dois éviter d’en faire trop et de me prendre pour le sauveur. Sans le collectif, je ne suis pas grand-chose. Parfois, j’ai un excès de confiance dans ma technique. Le coach a eu raison de me recadrer. J’avais tort d’être furieux lors de ma sortie contre Caen. J’ai un caractère fort qui m’a posé des problèmes plus jeune », reconnaissait-il à l’issue de la victoire du PSG en Championnat, face à Caen (4-2).

Diamant à l’état brut

Dans son couloir droit, Jérémy Ménez n’a pas la moindre concurrence au PSG. L’éventuel recrutement de David Beckham au mois de janvier serait-il susceptible de changer la donne ? Pas forcément, étant donné que le «  Spice Boy » ne joue plus dans ce secteur de jeu. Que ce dernier rejoigne la capitale ou non, l’international français demeure confiant. « Je n’ai peur de rien. J’ai vécu trois ans à Rome au milieu de la concurrence. Je peux vous dire que je ne laisserai mon poste à personne. Ce serait un honneur d’être son coéquipier, mais Beckham ne prendra pas ma place. Je connais ma valeur », a-t-il assuré. Effectivement, la valeur de Ménez est grande. C’est un diamant qu’il faut tailler et polir pour le rendre le plus luisant possible.

Arnaud Lapointe

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