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Philippe Piat explique l'arrêt du championnat en France et reste prudent sur la reprise des autres pays
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Autour du PSG

Philippe Piat explique l’arrêt du championnat en France et reste prudent sur la reprise des autres pays

Philippe Piat, président de l’UNFP (Union Nationale des Footballeurs Professionnels) et de la FIFPro (Fédération International des associations de Footballeurs), a répondu aux questions de L’Equipe à propos de l’arrêt définitif de la Ligue 1 et la Ligue 2 2019-2020 alors que plusieurs autres pays européens, notamment ceux du top 5 (Allemagne, Angleterre, Espagne et Italie), se dirigent vers une reprise (c’est déjà fait en Bundesliga). S’il concède que l’on peut se poser des questions sur les décisions prises en France, le dirigeant rappelle tout de même que le choix ne vient pas du football français et que les retours à la compétition à l’étranger ne seront pas forcément des réussites.

« Le foot français a fait une erreur ?

C’est sûr que si tout le monde reprend sauf nous, la question peut se poser. Après, je ne sais pas dans quelles conditions cela va reprendre en Espagne, si les autres pays ont été aussi attentifs que nous aux problèmes sanitaires. Il n’y a pas eu non plus les mêmes prises de position du gouvernement à l’étranger. C’est l’avenir qui dira qui a eu raison, qui a eu tort. Pour moi, il y a toujours un danger et il faut qu’il soit soupesé.

Piat « Si c’était pour reprendre avec le risque sanitaire, à huis clos et sans l’argent des droits télé, certains se sont dit, à quoi bon ? »

Pourquoi le danger serait plus grand en France ?

Il y a la question des tests qui est primordiale. Chez nous, on n’avait pas l’assurance d’être testés régulièrement. On ne peut pas favoriser une population par rapport à une autre sous peine de passer pour des privilégiés. Et puis, tester avant tous les matches et tous les entraînements, c’est une chose. Mais qu’est-ce qui arrivera si on a des cas positifs ?

Aulas a dit qu’en France on est ‘vraiment trop cons’ ?

On verra à la fin si on est des cons. Mais il y a un élément capital qui a joué sur l’arrêt de la L1. La LFP était prête à reprendre le 17 juin. C’est le courrier de Canal + annonçant la rupture du contrat sur les droits télé, peu avant un conseil d’administration, qui a été la goutte d’eau. Et ce même si le Championnat allait au bout. Si c’était pour reprendre avec le risque sanitaire, à huis clos et sans l’argent des droits télé, certains se sont dit, à quoi bon ?

Piat « on nous a toujours dit que huit semaines de préparation physique étaient nécessaires entre deux saisons de Championnat. »

Il n’y aucune chance de revenir en arrière ?

Reprendre le 17 juin, comme prévu à la base, ça me semble impossible après une si longue coupure. Les joueurs n’ont pas repris l’entraînement. Certains disent aujourd’hui que quinze jours de réathlétisation sont suffisants pour rejouer. Mais, bizarrement, on nous a toujours dit que huit semaines de préparation physique étaient nécessaires entre deux saisons de Championnat. »

Le président de l’UNFP rappelle très justement que la décision en France n’est pas forcément mauvaise alors qu’elle est différente des autres pays. Il faut avoir en tête que ce ne sont pas les mêmes situations dans chaque pays. On ne peut pas oublier non plus que les Pays-Bas, la Belgique et l’Ecosse ont aussi décidé d’arrêter. C’est sans doute que ce n’est pas complètement insensé. Aussi, en France, ce sont tous les sportifs collectifs qui ont été mis de côté. Alors il ne sert à rien de pointer du doigt particulièrement le football français. A lequel a suivi l’avis du gouvernement, qui a donné la priorité à la santé de tous. Une décision qui semble assez facilement défendable, même s’il y a aussi des conséquences indésirables.

Aussi, comme le souligne Piat, les reprises des championnats dans les pays qui ont choisi cette voie ne sont pas encore toutes réussies. Les résultats seront peut-être divers, entre intérêt sportif, possibles blessures et contaminations. Il faut continuer à être prudent globalement face à cette situation. Les choses ont l’air de s’améliorer, mais la crise n’est pas terminée. Pour ce qui est de football français, ce serait bien de voir un peu plus d’union et de solutions pour la suite, plutôt que de continuer à se « battre » autour d’une solution qui date d’environ un mois.

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