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Rothen : « Ce match à Paris me tient à coeur »

Vendredi soir, Jérôme Rothen fera son retour au Parc des Princes, lui qui a porté le maillot du PSG entre 2004 et 2010. L’émotion risque donc d’être très forte pour un joueur encore amoureux du club de la capitale et du Parc des Princes, et qui regrette d’avoir quitté Paris dans de mauvaises conditions.

« S’il y avait une date qui me tenait à cœur, c’était celle-là. Dès que le calendrier de la Ligue 1 a été dévoilé, j’ai aussitôt regardé. Maintenant, j’y suis. Le trac ? Oui, je prépare ce match comme un grand match de Ligue des champions. Depuis la fin de la rencontre contre l’Évian-TG (0-0, samedi), je n’arrête pas d’y penser. De plus, en début de semaine, j’ai perdu mon grand-père qui m’emmenait au Parc quand j’étais gamin. J’aurais aimé qu’il voit ce match. Ce sera encore plus fort, je jouerai pour lui. C’est le stade où j’ai le plus de souvenirs. Je suis parisien. Gamin, je venais avec mon père, mon grand-père. Dès que je suis devenu professionnel, j’ai rêvé d’y jouer. J’aime la configuration du stade, il est fermé, le bruit reste. C’est encore le plus beau en France. Les gens sont proches de la pelouse. Et être au milieu de ce terrain, avec ce monde, c’est un truc énorme. Après, il y a tout ce que j’ai pu partager avec mes potes et les supporters. Je ne vais pas garder comme seul souvenir mon dernier match avec le PSG, c’était contre Monaco. J’étais sorti sous les sifflets. Je m’en souviens bien. Les dirigeants de l’époque avaient raconté que certains joueurs avaient lâché, souhaitaient partir, dont moi. C’était complètement faux. Mais, quand on dit ça à un supporter, il n’a pas envie d’applaudir son joueur. En résiliant mon contrat, j’ai accepté de respecter un droit de réserve. Ces dirigeants sont partis et le club a changé. Car, avec eux, il stagnait et je n’étais pas là pour stagner. Les dirigeants manquaient d’ambition. Des regrets ? Non, aucun. Je n’ai pas les boules. Chaque histoire est différente. Quand je suis arrivé au PSG, j’avais un but, c’était de gagner le titre… Cela ne servait à rien de mentir aux supporters, de vendre du rêve, de parler de titre alors qu’on ne se donnait pas les moyens. Et la dernière année, même si on finit loin (6es de L 1), à onze journées du terme on est deuxièmes du Championnat à un point de Lyon. Et là, on apprend que Paul Le Guen, pour des raisons obscures, n’est pas conservé. Cela m’a choqué. L’entraîneur avait pourtant fait un boulot remarquable et fait progresser le club… Là, tu te dis qu’il n’y aura aucune stabilité et que ce n’est pas la peine de continuer avec ces gens-là. De l’incompréhension ? Non, car j’ai tout compris. Je ne vous dis pas que je suis le mec le plus intelligent de France, mais j’avais compris que la stratégie de la direction n’était pas bonne. Mais j’ai adoré jouer dans ce club même quand on a galéré, qu’on a joué le maintien lors des dernières journées du Championnat (en 2007-2008, notamment quand le PSG avait terminé 16e)…, a raconté le milieu de terrain de 34 ans dans L’Equipe, lui qui espère être bien reçu par le public du Parc des Princes. J’y ai déjà pensé, j’espère juste que l’accueil… Enfin, je ne m’attends pas à ce que mon nom soit scandé. Le public ne va pas m’acclamer, j’espère que je serai simplement respecté et que les sifflets lors de mon dernier match seront oubliés. On s’est quittés sur un malentendu. Avec du recul, je ne méritais pas cette sortie. Je crois que le public m’a apprécié durant mes années parisiennes. Pourquoi tu siffles un ancien joueur ? Parce qu’il a triché envers le club ? Ça n’a jamais été mon cas. Parce qu’un mec n’a jamais été performant ? Ça n’a jamais été mon cas. Parce que le mec a profité d’une offre mirobolante d’un autre club pour partir ? Ça n’a pas été mon cas. Je n’ai jamais triché. Je suis amoureux de ce club. »

Malheureusement, Rothen ne devrait pas croiser le chemin de David Beckham, demain soir, un joueur qu’il admire énormément. « Beckham, c’est… J’ai joué contre lui, la première fois en 1998, quand j’étais à Caen. Lui préparait la Coupe du monde en France. Pour moi, il a toujours été un exemple. Il jouait à droite, moi à gauche. Sa qualité de centre était remarquable. C’était mon point fort aussi. J’avais un peu les mêmes caractéristiques : ce n’est pas un dribbleur de folie, ce n’est pas un joueur qui jouait sur sa vitesse. J’ai eu la chance de jouer contre lui avec Monaco et l’équipe de France. (Il compte 13 sélections, 1 but.) À chaque fois, j’ai croisé un grand joueur, un grand homme. Quand j’étais à Monaco (2002-2004), je me souviens d’articles dans lesquels les journalistes me comparaient à Beckham, oui, le Beckham français ! (Il rigole.) Ma réaction quand j’ai appris son arrivée ? Je me suis dit pourquoi pas moi, je suis plus jeune que lui… Non je rigole ! Je ne vais pas parler de l’aspect marketing. Je trouve ça beau que l’on fasse confiance à un joueur de trente-sept ans, parce que beaucoup de gens pensent qu’après trente ans c’est fini. Sa présence fera progresser le PSG… Dans le Championnat, je ne vois pas un mec qui possède sa qualité de passes, qui lui arrive à la cheville, a observé l’ailier du SC Bastia, qui s’attend évidemment à un match très compliqué vendredi soir. Un exploit est toujours possible. Certaines équipes ont réussi à perturber le PSG. Il faudra être exemplaire, ne pas commettre la moindre faute, technique et tactique. Et même en faisant ça, ça peut ne pas suffire. Mais, moi, je ne m’avoue pas vaincu. Ce match me tient à cœur. Je n’ai pas envie de passer à côté. Qu’est-ce que c’est bon de préparer ce genre de rencontre ! »

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