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Ibrahimovic, une personnalité hors-norme (3/3)

Dans la suite et fin de son interview accordée à L’Equipe, Zlatan Ibrahimovic est longuement revenu sur sa forte personnalité et la façon dont il est devenu un véritable buteur. 

« Au début de ma carrière, je cherchais plus à être spectaculaire. Désormais, je pense d’abord à ce que je dois faire pour gagner le match, car telle est la finalité. Chaque joueur a son style, sa personnalité, son caractère. J’aime faire la différence. J’aime être celui que les gens regardent en se disant : “Merci”. C’est pour ça que je m’entraîne dur chaque jour. Je ne suis qu’un joueur parmi vingt-deux au PSG. Mais disons que quand c’est moi qui fais quelque chose de bien, ça se voit un peu plus. Et si je devais faire quelque chose de mal, ça se verrait encore plus.(Il sourit.) (L’instinct de tueur devant le but) C’est quelque chose qui s’apprend. Quand j’étais plus jeune, mon souci était d’abord de développer un beau jeu. Capello m’a dit : “Dans ta position, tu dois d’abord penser à marquer. Tu ne marques pas assez de buts. Pour moi, le plus important est de marquer, pas de jouer bien.” C’est en ça que Capello est de la vieille école. Mourinho, qui appartient à une nouvelle génération, te demande aussi de marquer des buts mais en jouant bien. Elle est là, la différence entre eux. Je vous le répète, si on n’a pas ça en soi (être un tueur né, ndlr), ça s’apprend. Que vaut Pippo Inzaghi, par exemple, en tant que footballeur ? Ce n’est pas vraiment un footballeur. Mais il possède un énorme instinct de tueur devant le but. C’est sa qualité. Capello, lui, trouvait que j’étais un footballeur fantastique mais que je devais être plus efficace face au but adverse. Donc il m’a forcé à m’entraîner pendant des heures et des heures pour que je m’habitue à frapper et à marquer plus de buts. Cette méthode visait à me mettre en tête que le but était ma mission essentielle. Pour bien jouer, j’ai besoin d’être fou. Pour marquer des buts, c’est autre chose. Cela dépend notamment de la performance de votre équipe. Quand vous marquez, c’est toujours grâce à vos coéquipiers », a longuement raconté le géant suédois, qui a donc su devenir un véritable buteur au fil des années, grâce notamment à l’apport d’un technicien comme Fabio Capello, son entraîneur lors de son passage à la Juventus de Turin (2004-2006).

Mais ce qui faut aussi énormément parler dans les journaux, c’est son incroyable personnalité. Son charisme est impressionnant et les journalistes de L’Equipe s’en sont rendus compte lorsqu’il les a salués en se présentant d’une voix grave. « Zlatan », a-t-il lâché en débarquant dans la salle d’interview du Camp des Loges, comme s’il était un illustre inconnu. Mais Ibrahimovic refuse d’être considéré comme un homme égocentrique ou comme l’élément le plus important de son équipe, ce qui revient en dehors du terrain. « Les gens parlent de ce qu’ils veulent. Ils me jugent sans même me connaître. Mais ça fait partie du folklore, j’aime ça. Plus ils écrivent de conneries, mieux c’est. Parce que ça me donne plus d’énergie et plus d’adrénaline pour faire encore mieux sur le terrain. Je ne cherche pas à être parfait. Je n’aime pas, d’ailleurs, l’idée de perfection. Pour moi, personne n’est parfait. Celui qui se dit parfait, c’est la plus grosse merde… (Il sourit.). (…) Si je commence à me détendre, ce ne sera pas bon. Quand vous êtes satisfait de vous-même, vous vous endormez. Pour être bon, il faut se sentir en colère. J’ai besoin d’avoir une rage en moi pour être bon sur le terrain, a indiqué le buteur de 31 ans, qui n’aime pas non plus qu’on le considère comme une rock-star.

« Non, je suis un footballeur. Je suis ici pour jouer et faire de mon mieux. Après, comment dire ? Je suis né comme ça. Je mesure 1,96 m, je pèse 100 kg. C’est Dieu qui m’a façonné ainsi. Si j’en suis là, aussi, c’est grâce aux joueurs que j’ai côtoyés tout au long de mon parcours. Je me souviens de vos compatriotes Patrick Vieira et Lilian Thuram. Je les voyais s’entraîner comme des fous tous les jours. Si vous vous considérez comme un monstre à part, vous perdez cette envie de vous faire mal à l’entraînement. Moi, quand j’étais à la Juventus, je regardais tous ces grands joueurs suer chaque jour et je me disais : “S’ils s’entraînent si dur, pourquoi ne le ferais-je pas également ?” Je voulais devenir comme eux, alors je devais faire comme eux. (…) Je suis simplement moi-même. Je sais que j’ai de grandes responsabilités ici, mais ce n’est pas pour ça que je plane à dix mille mètres d’altitude. Je garde les pieds sur terre. Dans le football, entre la gloire et les gros contrats, on peut facilement perdre la tête. Quand je dis que je n’oublierai jamais d’où je viens, ce ne sont pas des paroles en l’air. Comme je l’ai dit dans mon autobiographie, vous pouvez sortir un gars du ghetto, mais vous ne pouvez pas sortir le ghetto du gars », a conclu Zlatan, qui n’arrivera jamais à rester quelqu’un de zen malgré son côté intelligent et réfléchi dans ses interviews. Je ne le serai jamais, en effet. J’aurai toujours une colère en moi. C’est mon problème. Je ne suis jamais satisfait. Je veux toujours plus. Mais c’est aussi cette rage qui a fait ce que je suis devenu aujourd’hui. »

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