Autour du PSG
Anticor vise Nasser al-Khelaïfi : l’affaire des droits TV prend une autre dimension
Nasser al-Khelaïfi, 52 ans, président du Paris Saint-Germain et dirigeant de beIN Media Group, se retrouve une nouvelle fois exposé. D’après la source partagée, appuyée par les informations de L’Équipe, Anticor a signalé au parquet de Paris un possible conflit d’intérêts autour des droits TV de la Ligue 1 en 2024.
« L’association le soupçonne d’avoir joué de ses différentes casquettes »
« Selon nos informations, l’association Anticor a fait un signalement le 3 mars au parquet de Paris contre Nasser al-Khelaïfi, pour prise illégale d’intérêts. L’association le soupçonne d’avoir joué de ses différentes casquettes – président du PSG, président de beIN Media Group et membre du Conseil d’administration de la LFP – pour « tenter d’influer sur la décision du conseil d’administration de la Ligue en faveur de la société qu’il préside ». Pour comprendre, il faut revenir à l’été 2024. Vincent Labrune mène alors les discussions sur la vente des droits TV de la Ligue 1, et le président de la LFP escompte 700 millions d’euros pour les seuls droits domestiques. Mais les négociations capotent.
Pour Anticor, ces échanges montreraient que NAK a endossé plusieurs casquettes et, lors de « cette réunion préparatoire au vote du conseil d’administration », « exercé de fortes pressions sur les autres présidents de L1, dans le but que l’offre proposée par beIN Sports soit acceptée ».
« NAK estime le fondement de cette plainte « absurde » »
« Contacté, l’entourage de NAK estime le fondement de cette plainte « absurde » : « Ce sont les clubs, les représentants de la ligue et même des personnalités politiques qui ont fait pression sur beIN pour qu’elle finance la diffusion de ce match, pas l’inverse (…) Pourquoi M. Al-Khelaifi aurait-il fait pression sur qui que ce soit pour favoriser beIN, alors qu’il n’y avait aucun autre diffuseur et que c’étaient la ligue et les clubs qui cherchaient désespérément un diffuseur pour acheter le dernier match ? »
En ce qui concerne les conflits d’intérêts, reprend-on, c’est Yousef al-Obaidly, président de beIN Sports France, qui exerce un contrôle opérationnel et exécutif total sur la société, et non M. Al-Khelaifi. » Afin de se protéger de tout reproche, Nasser al-Khelaïfi s’était « déporté » du vote de juillet 2024.
« Un cycle qui semble se répéter tous les six mois »
Il n’a par ailleurs aucun lien avec LFP Media, l’entité créée pour commercialiser les droits TV, et siégeait au conseil d’administration de la Ligue comme de nombreux autres présidents de Ligue 1. Cette prétendue plainte – dont personne n’a été informé – illustre une fois de plus la tentative de réécrire l’histoire pour imputer à Nasser al-Khelaïfi les décisions et les échecs d’autrui. Un cycle qui semble se répéter tous les six mois. Nasser al-Khelaïfi n’a jamais manqué à son impartialité, son indépendance et a scrupuleusement veillé à éviter toute situation de conflit d’intérêts – il a toujours été animé par la seule volonté de défendre l’intérêt général du football français. »
Le cœur du dossier est limpide : Anticor estime que le patron parisien aurait pu brouiller les frontières entre ses fonctions au Paris Saint-Germain, chez beIN et au conseil d’administration de la LFP au moment du dossier explosif des droits TV. L’association soupçonne un usage de cette position pour peser en faveur de l’offre de beIN durant l’été 2024, dans un contexte où la Ligue cherchait une issue après l’échec des négociations espérées par Vincent Labrune.
En face, le camp Al-Khelaïfi rejette totalement cette lecture. Son entourage assure au contraire que beIN a été poussée à intervenir, rappelle que NAK s’était retiré du vote de juillet 2024, et renvoie aussi vers le rôle exécutif de Yousef al-Obaidly dans la gestion opérationnelle du groupe.
Ce qui rend l’affaire plus lourde encore, c’est le contexte général : le fiasco des droits TV a déjà abîmé l’image de la Ligue 1, et ce nouvel épisode rallume immédiatement les soupçons, les règlements de comptes et les lectures politiques autour de sa gouvernance. La charge d’Anticor frappe donc fort, mais la défense de NAK s’aligne sur une idée simple : il n’a pas favorisé beIN, il aurait au contraire répondu à une situation déjà en crise.






