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"Ça me faisait du mal", Kimpembe se livre à cœur ouvert sur son départ du PSG
@Hugo Pfeiffer/Icon Sport) - Photo by Icon Sport

Autour du PSG

« Ça me faisait du mal », Kimpembe se livre à cœur ouvert sur son départ du PSG

Presnel Kimpembe a dû tourner une immense page de sa carrière l’été dernier. Formé au Paris Saint-Germain, où il a signé son premier contrat professionnel en 2014, le défenseur de 30 a changé de club pour la première fois. Après 2 années marquées par autant de longues blessures et un temps de jeu quasiment inexistant, il a en effet signé au Qatar SC. Ce mardi, L’Equipe a publié une interview avec l’international français dans laquelle il revient sur cette période particulièrement difficile et son choix de partir, avec quelques interrogations et des sensations retrouvées.

Kimpembe « le premier transfert de ma vie ça change pas mal de choses. »

« Est-ce que ça a été bizarre aussi de porter le maillot d’un autre club pour la première fois de votre carrière ?

Ça fait bizarre, parce que même quand je parle à des amis ou à des anciens coéquipiers, je leur dis « on » en parlant du PSG. Je m’inclus toujours dans le truc, parce que mon coeur, il est parisien. Mais c’est vrai que le premier transfert de ma vie, dans un nouveau club, un nouveau pays, une nouvelle ville, ça change pas mal de choses.

Kimpembe « Ça faisait du mal à ma famille, ça me faisait du mal à moi. »

Vous avez compris des choses avec cette période ?

Le fait de ne pas pouvoir m’entraîner ni jouer avec l’équipe, ça m’a fait beaucoup de mal. Mais j’ai dû prendre mon temps, j’ai dû être patient, j’ai dû attendre et monter dans le train quand le train se présentait. Il y a aussi tout le côté psychologique. Ça faisait du mal à ma famille, ça me faisait du mal à moi.

Mes enfants me posaient beaucoup de questions : « Papa, pourquoi tu es là ? L’équipe joue ce soir, pourquoi tu ne joues pas ? » Forcément, il faut expliquer à mes fils. Ils ne sont peut-être pas encore à l’âge de comprendre pourquoi papa est à la maison autant de temps. Ça a été un choc pour eux, même s’ils étaient contents. Ils étaient perturbés par le fait qu’ils ne me voyaient pas jouer à la télé. Ils allaient moins au Parc des Princes aussi.

Du côté de mes parents, de mes frères, il y avait beaucoup de questions aussi : « Est-ce que tu reprends ? Pourquoi tu n’as pas repris ? J’ai lu que tu allais rejouer ». Au final, c’est compliqué de tout le temps expliquer.

Kimpembe « Ça a été compliqué quand même à avaler »

Comment expliquez-vous que votre retour ait été aussi long ?

Je ne suis pas docteur. Mais c’est sûr que ça a pris du temps. Je pense qu’il y a aussi le staff médical qui devait se poser des questions, qui devait peut-être avoir peur. Le coach et le staff technique ne voulaient pas forcément prendre de risques. Quand on sort d’une telle blessure, ça fait peur. Mais une deuxième, c’est encore pire. Les gens ont dû se dire : est-ce que je peux tenir ? Est-ce que je peux jouer ? Est-ce que je peux commencer ?

Pour ma part, si tu me poses la question, je te dis que oui, parce que j’étais dans le groupe et que j’étais apte à jouer. Ce sont des choses que j’ai dû accepter. Il y a plein de matches que j’aurais pu commencer, que j’aurais pu jouer 90 minutes. La preuve, je le fais à l’heure actuelle, donc je ne vois pas pourquoi je n’aurais pas pu le faire avant. Ça a été compliqué quand même à avaler, mais j’ai accepté parce que c’est comme ça, ce sont les choix du coach.

Kimpembe « ce que j’ai aimé, c’est qu’on s’est regardés entre quatre yeux. »

Comment s’est passé votre départ à la fin de la saison ?

J’ai parlé avec Luis Campos cet été, pendant la Coupe du monde des clubs. Je lui ai dit ouvertement que je ne pouvais pas faire une troisième saison comme ça. J’avais envie de jouer. Luis a compris. Sur ça, le club et lui ont été top. Il a fait remonter l’information au club, au président. On s’est tous assis. J’ai demandé à Luis de pouvoir aussi échanger avec le coach et ce que j’ai aimé, c’est qu’on s’est regardés entre quatre yeux. Il a été super honnête avec moi aussi. Il m’a dit que le club comptait recruter encore un autre défenseur et que ce serait compliqué.

Ensuite, il y a eu des touches concrètes en Italie. Le Qatar est arrivé en dernier et j’ai pris cette décision-là. J’ai eu des occasions de quitter le club auparavant : il y a eu Chelsea, Monaco avec Luis Campos déjà, Saint-Étienne avec Christophe Galtier… Mais c’est la première fois que tout est devenu aussi concret. »

Il est évident que Kimpembe a traversé un moment cauchemardesque. Une longue blessure, c’est déjà un grand coup dur pour une carrière et une étape particulière pour un joueur. La 2e peut être terrible, avec des doutes qui s’accumulent sur la suite, entre la capacité à revenir au plus haut niveau et la crainte d’une nouvelle malchance. Le Titi parisien a en plus dû enchaîner ces deux coups d’arrêts.

Le défenseur a alors dû se battre afin de revenir en forme physiquement et être prêt psychologiquement pour l’exigence du haut niveau. Sans oublier une très rude concurrence au PSG, un point qui explique assez facilement qu’il ait peu joué lors de son retour. Il y avait des doutes sur sa capacité à enchaîner dans l’intensité du haut niveau et il fallait dépasser ses coéquipiers dans les garanties sportives.

On se réjouit pour Kimpembe aujourd’hui, puisqu’il a pu retrouver du temps de jeu. Mais, alors qu’il affiche une incompréhension sur son faible temps de jeu à la fin de son aventure parisienne, il est clair que le niveau et le rythme au Qatar ne sont pas les mêmes qu’au PSG, avec la Ligue 1 et la Ligue des Champions à disputer. Il fallait partir afin de relancer sa carrière avec un rôle de joueur à temps plein. Ce qui permet de sortir de doutes et de moments douloureux qu’il évoque, notamment avec sa famille.

On le comprend pleinement et le PSG se devait être d’être honnête et d’ouvrir la porte s’il y avait une option. Laquelle a été trouvée avec le Qatar SC, peut-être le club où le temps de jeu était le plus atteignable. En tout cas, c’est appréciable de voir Kimpembe rester aussi attaché au PSG et être reconnaissant sur la gestion de son départ, même si c’était au bout de la pire période de sa carrière. Il comprend, aussi, la position du coach face à son cas spécial. On lui souhaite maintenant de pouvoir profiter.

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