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PSG - Bordeaux, le match bizarre.

Autour du PSG

PSG – Bordeaux, le match bizarre.

Hier soir au Parc des Princes, le Paris Saint-Germain, pourtant largement favori, a péniblement obtenu un match nul face à Bordeaux (2-2). Un match qui coupe clairement la série de matchs bien maîtrisés de la part des Parisiens. Une déception remplie d’erreurs difficile à isoler (sauf peut-être pour Kevin Trapp, le gardien). Une rencontre bizarre que l’on veut tenter de comprendre.

Le PSG n’a pas entamé la rencontre comme à son habitude. Au lieu de calmer le jeu, garder longuement la balle et chercher à fatiguer l’adversaire, les Parisiens ont opté pour jeu rapide vers l’avant en forçant les actions. Une tactique plus facile à défendre et supporter pour l’adversaire. Surtout que, chose rare à Paris, les erreurs techniques étaient légions, même des joueurs comme Maxwell, Motta ou Verratti, d’habitude impeccable.

Alors que Carrasso tente de mettre le PSG dans son match en donnant la balle à Cavani dans la surface (qui réussit un bel enchaînement), les Parisiens répondent par une erreur sur corner et permettent à Bordeaux d’égaliser dans la foulée.

Le coup-franc de Cavani, très beau, a le mérite de mettre Paris en confiance. Le Parc pousse, le jeu se fluidifie, Bordeaux manque d’air, mais les Parisiens ne donnent pas le coup fatal. Que ce soit Di Maria qui butte sur Carrasso ou Matuidi qui se fait reprendre de peu, il y a de quoi se prendre la tête entre les mains. Et quand la mi-temps est sifflée, on ne le sait pas encore, mais le temps fort du PSG est passé, l’occasion de tuer le match avec.

Pourtant, à la pause, il y avait de quoi reprendre confiance. Le PSG mène 2-1 et rentre au vestiaire avec un dernier quart d’heure de domination. Tout indique que Paris va enfin dérouler son jeu, et mettre fin à l’espoir bordelais.

Mais en seconde période, le PSG fait les mêmes erreurs qu’en début de match, en étant même encore plus brouillon. Et même le rouge pris par Bordeaux n’aide pas et une nouvelle erreur offre l’égalisation aux visiteurs. Cette fois encore, les Parisiens ont le mérite de réagir, mais pas assez bien. Un échec aux niveaux des individualités, du collectif, un match manqué qui donne cette impression bizarre que l’on ne sait plus où démarrent les maux.

Les attaquants n’ont pas réussi à faire assez mal

Di Maria a voulu trop en faire,tous les spécialistes s’accordent sur ce point. L’Argentin a fait beaucoup (trop) de dribbles, des frappes de loin. Un peu c’est bien, pour varier. Mais ne faire que cela est souvent nuisible. D’ailleurs, alors qu’Aurier a moins brillé que d’habitude sur son côté droit, c’est aussi parce qu’il a été peu servi par Di Maria, malgré l’espace dont disposait l’arrière droit parisien. Nuançons, il y a eu quelques passes lumineuses et la recrue parisienne, qui ne jouait que son deuxième match, n’est pas pas encore bien adapté au collectif parisien. Remarque, il ne semblait pas être le seul hier soir.

Si Cavani a mis deux très bons buts: Le premier dans son style, même s’il est aidé par Carrasso, il fallait réagir vite et être capable de mettre une frappe forte sur la barre alors que deux défenseurs protégeaient le but. Le second, son coup-franc, est très bien tiré. Seulement, il a été très décevant dans le reste (en dehors des efforts défensifs qu’il a dans les gênes). En tant que pivot, on sait que ce n’est pas sa qualité. Mais il a aussi fait trop peu d’appels dans la profondeur, l’un de ses grands atouts habituellement. Souvent, il s’est juste décalé sans démarrer dans le dos de la défense, les passeurs ont donc manqué de solution (ce qui explique un peu quelques actions ratées de Di Maria).

Lucas, lui, a bien fait quelques percées, mais il a été trop peu décisifs et de moins en moins en vue dans le match. Le Brésilien continue d’être irrégulier et de décevoir. D’ailleurs, il n’a pas réussi à tirer lors de cette rencontre.

Toutefois, si les attaquants sont en partie responsable, ils n’ont pas été aidé par un collectif trop faible dans un secteur pourtant très rarement pointé du doigt pour ce genre de carence: le milieu de terrain.

Verratti (qui n’a pas fait un mauvais match non plus), même-lui, a été coupable de quelques pertes de balles inhabituelles, avec des passes mal ajustées notamment. Matuidi, on sait bien qu’il n’est pas l’homme qu’il faut pour remonter un ballon depuis sa surface et faire des exploits techniques dans la circulation du ballon. Mais le signe principal de ce soucis collectif est le match loupé de Thiago Motta.

Mr Propre a cette fois perdu de nombreux ballons, de toutes les façons possibles: Passes loupées, dans le mauvais rythme, risquées, vers un joueur isolé, des dribbles vers l’avant inutile et inespéré. Motta n’a pas joué dans son registre habituel d’épurateur du jeu. Chose qui a énervé Laurent Blanc à plusieurs reprises. Motta a même perdu le ballon dans l’axe, à 30 mètres de son but. Une erreur inimaginable pour l’Italien.

Le PSG n’a pas joué comme à son habitude

Et cela explique forcément des difficultés pour les attaquants. Ils devaient soit descendre très bas, faire plus d’effort pour arriver à la surface adversaire, ce qui complique la tâche d’être décisif, soit joué des ballons en étant un peu seul, dans la difficulté. C’est là qu’il faut les joueurs pour décrocher, qui sont techniques, avec une bonne vision du jeu, ce qui n’est pas le cas de Lucas ni Cavani. Peut-être Di Maria, dans un autre soir, avec des coéquipiers un peu plus en mouvement.

Reste Ibrahimovic ou Pastore, tous les deux absents. Un manque qui fait mal dans le jeu mis en place par Laurent Blanc. Il est possible alors, comme on l’a vu quelques fois, de donner les clefs de l’attaque à Verratti, aider par Motta, mais le duo italien n’était pas dans un bon soir non plus.

D’ailleurs, les joueurs offensifs ont finalement assez peu décroché et surtout essayer de porter le jeu vers l’avant. Chose très bizarre pour le PSG, qui base normalement son jeu sur la patience, afin de créer des espaces et fatiguer l’adversaire, afin de s’engouffrer de plus en plus facilement et faire mal aux défenses. Là, le PSG n’a jamais fatigué Bordeaux, encore frais pour faire le pressing sur le second but, encore prêt à se battre jusqu’au bout.  Il semble que le PSG a donc essayé de jouer vite vers l’avant, ce qui peut marcher. Mais les Parisiens étaient beaucoup trop brouillons pour réussir une attaque rapide.

La défense est finalement le domaine où le PSG a été assez normal. Mais face aux nombreuses pertes de balles, aux mises en difficulté, l’arrière garde a soufferte. Et puis il y a les deux erreurs regrettables.

Finalement, Thiago Silva et Marquinhos ont assez bien résumé les choses à changer: la « concentration » et « l’intensité », domaine où Bordeaux était bien au-dessus hier soir. Et cela peut tout changer dans le football. Au moins, les Parisiens devraient vite régler ce problème et une réaction est attendue dès mardi en Ligue des Champions. Mais il faudra améliorer la transition entre la défense et l’attaque quand Pastore et Ibrahimovic ne sont pas là.

 

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