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Leonardo défend le PSG et ses ambitions "on construit quelque chose qui va durer"
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Leonardo défend le PSG et ses ambitions « on construit quelque chose qui va durer »

Leonardo, directeur sportif du Paris Saint-Germain, s’est exprimé dans l’Équipe sur les ambitions du club, qu’il ne veut pas réduire à la seule victoire en Ligue des Champions. Selon lui, le club a bâti une grande équipe qui sait rester compétitive malgré les déboires qui peuvent arriver. Il a aussi tenu à rappeler qu’à tous les niveaux du club, les choses progresse, avec les jeunes qui performent et les féminines qui possèdent l’une des plus belles équipes d’Europe.

Leonardo « On ne joue pas à la roulette chaque année »

« La C1 est le gros objectif de la saison ?

Quand on a commencé le projet, en 2011, quatorze ans après que j’ai joué mon dernier match ici, je suis revenu parce qu’on voulait construire un grand club. Pas seulement pour gagner la Ligue des champions. C’est complètement différent. Parce qu’un grand club, quand il gagne, c’est bien, mais l’année où il perd, il sait rester compétitif. Aujourd’hui, c’est notre cas. On ne joue pas à la roulette chaque année.

C’est le sentiment que le public peut avoir ?

Parce que revient toujours sur la table la C1. La base de la conversation est importante : Paris est devenu un grand club. Après, je vais commettre des erreurs, le club aussi. On prend mille décisions par jour, c’est normal. Mais prenez chaque étage. La formation ? On est leaders du Championnat – 17 ans, leaders en – 19 ans, quart-finalistes de la Youth League, premier au classement des centres de formation. Cette année, on a lancé en pro quatre jeunes nés après 2003. Seul Rennes a fait mieux en L1, avec cinq.

Leonardo « On est en train de créer un centre d’entraînement ultramoderne qui restera pour toujours »

Les féminines ? C’est l’un des plus gros budgets d’Europe et on joue pour gagner la C1. Les infrastructures ? On est en train de créer un centre d’entraînement ultramoderne qui restera pour toujours. Dans notre effectif, O.K., on a des stars comme Messi, Neymar, Ramos, Mbappé, Di Maria, Navas, mais on a aussi Mendes qui a 19 ans, Hakimi 22, Donnarumma 22. Marquinhos vit sa 9e saison, Verratti sa 10e, Kimpembe est « né » ici. On construit quelque chose qui va durer. C’est pour cela que la base de la conversation ne peut pas toujours être : si on ne gagne pas la C1, on est nuls. »

Les médias critiquent, c’est devenu ce qui est vendeur depuis l’arrivée du Qatar au PSG. C’est le jeu entre la presse, les médias et les grands clubs, on le sait. Mais l’analyse est souvent faussée. On attend du PSG, de gagner tous les matchs, toutes les compétitions et de montrer à chaque fois un grand spectacle. Quelle équipe fait ça ? Aucune. Le football est une affaire de cycle et gagner tout est impossible. Il y a des hauts, des bas, les équipes changent, la chance tourne. Rester au sommet est ce qu’il y a de plus difficile. En France, chaque équipe joue à fond contre Paris et très souvent laisse des points le match suivant contre une équipe moins bien classée. Leonardo a raison, le PSG ne s’arrête pas à une défaite, il avance, il continue et au regard des résultats, il progresse.

La Ligue des Champions n’est pas gagnée encore, mais le club s’en est approché et reste une des quatre meilleures équipes des deux dernières saisons. Ce n’est pas rien. Sur la scène nationale, Paris rafle quasiment tout depuis 10 ans. Les rares échecs entraînent de vives critiques sur la motivation des uns et des autres pour les compétitions nationales. C’est injuste parce que les victoires, et elle sont majoritaires, sont normales aux yeux de tous et sont acquises sans vraiment forcer. Or, il n’y a pas de petit match. Combien de fois a t-on vu un favori se relâcher dans le sport et perdre ? Très souvent. Autant les critiques sont parfois méritées autant, il faut plus de mesure dans les analyses. Gagner tout, tout le temps est impossible. Ce que fait le PSG en France et désormais en Europe est le signe d’un très grand club.

La formation n’a jamais aussi bien marché, les jeunes dominent leurs championnats, les U19 viennent de se qualifier pour les quarts de finale de la Youth League. Enfin les féminines sont au sommet, elles ont mis fin à l’hégémonie lyonnaise en D1 Arkéma et jouent les premiers rôles en Europe. Le club est bien structuré, plus que ce que l’on entend. Mais c’est le jeu des médias. Cependant, il serait parfois intéressant pour tout le monde qu’ils reconnaissent que ce que fait le PSG n’est pas anodin et que ça marche. 

Leonardo « C’est très difficile d’être dans cette constance »

Mais les grands clubs sont jugés à la lumière de leurs résultats en C1…

L’objectif de la gagner est présent. On ne s’en est jamais caché. Mais, en onze ans, on a quand même construit du solide. C’est très difficile d’être dans cette constance.

Mais vous avez beaucoup changé d’entraîneurs ?

Des clubs vainqueurs de la C1 ont eu plus de dix entraîneurs sur les dix dernières années. Le PSG en a utilisé cinq (Ancelotti, Blanc, Emery, Tuchel, Pochettino). Les seuls qui ont eu moins d’entraîneurs que nous, ce sont l’Atlético, Liverpool et Manchester City. Cinq entraîneurs en dix ans, c’est un cycle de deux ans, rien d’extraordinaire. C’est tellement intense, tellement d’exigence qu’il est vrai que les défaites laissent des traces. »

Les grands clubs sont jugés sur la Ligue des Champions, c’est vrai. Mais pour un vainqueur, combien y a-t-il de malheureux qui échouent ? De plus les compétitions nationales, c’est la base d’un projet. C’est là que les équipes apprennent à se connaître. C’est plus difficile d’aller à Dijon qu’à Madrid pour les joueurs, mais cela forge une identité d’équipe. En plus, le PSG est souvent critiqué pour ses changements d’entraîneur mais les médias regardent t-ils se qui se fait ailleurs ? À Paris, le regret reste Carlo Ancelotti. L’Italien a fait face à des dirigeants inexpérimentés et impatients à l’époque.

Mais qui peut remettre en cause les départs de Blanc, Emery ou Tuchel. Le premier stagnait sur la scène européenne, le second a eu la chance de rester malgré la remontada en 2017 contre le FC Barcelone pour garder la stabilité. Comme l’a dit Leonardo, certaines défaites laissent des traces. Enfin, Thomas Tuchel est parti, comme souvent avec ses anciennes équipes, fâché. Ce n’est pas un secret que l’idylle dure peu avec l’Allemand et son caractère bien trempé. L’atmosphère au PSG n’était plus propice aux bons résultats. Paris se cherche une identité et met tout en œuvre pour y parvenir. Les autres clubs en Europe ne font pas mieux. C’est exigeant et le PSG arrive à garder une forme de stabilité qui lui permet d’avancer. 

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