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Emery évoque sa méthode de travail :  "Comprendre pourquoi la présence d’un joueur rend son coéquipier meilleur"

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Emery évoque sa méthode de travail : « Comprendre pourquoi la présence d’un joueur rend son coéquipier meilleur »

FraĂ®chement nommĂ© entraĂ®neur du Paris Saint-Germain, le technicien espagnol Unai Emery s’est confiĂ© longuement Ă  So Foot. Une interview qui balaye de nombreux de sujets et oĂą il en a profiter pour Ă©voquer sa façon de travailler. Celle d’un vĂ©ritable passionnĂ© de football. 

Sa méthode de travail 

J’ai appris beaucoup de toutes les équipes auxquelles j’ai été confronté en troisième et deuxième division. Et puis je passais mon temps libre à regarder des centaines de matchs à la télévision. (Il balaie du doigt la pièce.) «?Cette équipe-là gagne. Qui l’entraîne ? Comment elle s’entraîne ? Cette autre équipe-ci perd. Pourquoi ? Ah non, en travaillant comme ça, ce n’est pas étonnant…?» Dans le football, l’apprentissage passe par les yeux. J’adore aller au stade pour voir les matchs des autres équipes.

Aujourd’hui, je regrette que certains entraîneurs y aillent uniquement pour superviser des joueurs. C’est ce qu’il y a de moins intéressant à voir, d’autant qu’il y a des gens dont c’est la spécialité. Moi, ce qui m’intéresse, ce ne sont pas les joueurs, mais les blocs, les collectifs. Qu’un milieu de terrain fasse des dizaines de passements de jambe, je m’en fous complètement. Ce que je regarde, ce sont les combinaisons de jeu, la manière de défendre et d’attaquer et comprendre pourquoi la présence d’un joueur rend son coéquipier meilleur.

J’ai des notes sur plus d’une centaine d’équipes. Je n’ai pas de modèle d’entraîneurs, car ils sont tous mes modèles. Je suis une éponge. Les victoires et les défaites de mes confrères m’ont servi à devenir l’entraîneur que je suis aujourd’hui. (Il balaie encore du doigt la pièce et plisse les yeux.) «?Cette équipe-là joue mal, mais gagne à cause de ça. Celle-là, au contraire, joue très bien, mais perd tout le temps à cause de ça…?» J’ai affiné mes capacités analytiques comme ça, puis j’ai fait comme au supermarché : «?Tiens, je vais prendre ça, ça a l’air bon. Et puis ça aussi, ça peut toujours servir.?»

Alors qu’il ne fait pas l’unanimitĂ© dans les mĂ©dias français, l’homme aux 3 Ligue Europa a pourtant de très bonnes rĂ©fĂ©rences en Espagne. Il a fait ses gammes dans des Ă©quipes de 2e ou 3e division, qui lui ont permis de se forger une mĂ©thode de travail. Celle-ci est basĂ©e sur le travail bien sĂ»r, car Emery est un vĂ©ritable amoureux du football, analyste de chaque mouvement et qui prĂ´ne davantage les vertus du collectif que celles de l’exploit individuel.

Le nĂ©o-entraĂ®neur parisien y dĂ©peint une vision passionnelle du football Ă  travers son propre prisme de perfectionniste attentif Ă  chaque dĂ©tail. A force d’observations et de choix, il a fini par trouver son style Ă  bâtir dans les clubs oĂą il est passĂ© des Ă©quipes cohĂ©rentes et performantes quelque soit l’effectif Ă  sa disposition. De Lorca Ă  SĂ©ville en passant par Almeria ou Valence, l’Espagnol a su imposer ses idĂ©es et rĂ©aliser de grandes choses.

Son attrait pour la vidéo et les statistiques 

Travailleur, Unai Emery l’est. Et cela passe par des sĂ©ances vidĂ©o poussĂ©es et basĂ©es sur des statistiques, deux outils qu’il apprĂ©cie particulièrement.

« Dans les matchs, il se passe tellement de trucs que je passe à coté de beaucoup de choses, même si je suis très attentif. Ce qui est bien avec la vidéo, c’est que tu peux voir ce que l’œil ne voit pas. Quand on marque un but par exemple, j’ai vu les mouvements du passeur et du buteur. Ok, mais pourquoi ce mouvement qu’on a répété mille fois à l’entraînement a marché aujourd’hui et pas le week-end dernier ? Ce qui m’intéresse dans ce cas précis, c’est de voir les mouvements et le placement des joueurs qui n’ont pas participé à l’action, mais qu’ils l’ont, d’une manière ou d’une autre, influencée. Revoir les buts que mon équipe a marqués, ça ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse beaucoup plus, ce sont les à-côtés. »

Jusqu’au-boutiste, Emery aime analyser en profondeur les matchs de son Ă©quipe. L’utilisation de la vidĂ©o est de plus en plus poussĂ©e dans les clubs professionnels et il semblerait que le PSG fasse l’an prochain l’expĂ©rience de sĂ©ances assez approfondies qui mettent en exergue l’importance des dĂ©placements de l’ensemble de l’Ă©quipe pour performer. Une faiblesse qui a souvent Ă©tĂ© mise en Ă©vidence cette saison, tant les mouvements de l’Ă©quipe pouvaient parfois sembler limitĂ©s au strict minimum certains matchs.

Son petit tacle aux golfeurs (Laurent Blanc en fait partie)

Au milieu de l’interview, Emery en a profitĂ© pour tacler son prĂ©dĂ©cesseur, Laurent Blanc (peut-ĂŞtre qu’il n’Ă©tait pas visĂ© directement puisqu’Emery ne sait pas forcĂ©ment que l’ancien coach parisien jouait au golf, mais il fait parte des concernĂ©s). Invoquant sa qualitĂ© de jeu au golf afin d’Ă©voquer sa part de concentration et de travail pour le football.

« Il y a beaucoup d’entraîneurs qui vont jouer au golf pour améliorer leur swing. Bah, c’est mauvais. Un entraîneur qui joue bien au golf, ça veut dire qu’il ne travaille pas beaucoup. Tu sais combien de temps il faut pour être bon sur un green ? Une éternité ! Ce n’est pas sérieux, c’est tout. Moi, le jour où je jouerai au golf, je ne servirai plus pour ce métier. »

Laurent Blanc ne s’est jamais cachĂ© de son attirance pour le golf et le fait qu’il y consacrait un peu de son temps. MĂŞme s’il confiait :« Je suis entre 14 et 16 de handicap. Il m’arrive de jouer 10. Mais il m’arrive Ă©galement de jouer 25?! Je ne suis pas rĂ©gulier. Je pense que le mĂ©tier de sĂ©lectionneur ou d’entraĂ®neur n’est pas compatible pour devenir un joueur Ă  un chiffre. On n’a pas suffisamment le temps pour s’entraĂ®ner. » dans une interview pour Le Figaro en 2012.
Cela fait partie du personnage, mais sous-entendre que Blanc ne travaillait pas assez avant mĂŞme de prendre son poste et alors que le Français a rĂ©alisĂ© 3 saisons de superbe facture sur le plan des titres engrangĂ©s, c’est un peu osĂ©. Mais, après tout, Emery est un peu « fou » et il semble bien qu’il n’a pas sa langue dans sa poche !
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