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Critiques, statut et pression, Dembélé se livre à propos du Ballon d’Or

Alors que la liste des 30 nommés pour le Ballon d’Or 2026 a été dévoilée cette semaine, Ousmane Dembélé s’est confié à L’Equipe au sujet de ce fameux trophée qu’il a remporté l’année dernière pour la première fois de sa carrière. L’attaquant de 29 ans du Paris Saint-Germain et de l’Equipe de France a fait le tour de ce qu’il peut changer ou non, des dangers et de l’exigence que ce titre peut imposer.

Dembélé « il faut faire un travail sur soi-même. »

« Est-ce qu’on a le droit de critiquer un Ballon d’Or ?

Oui, bien évidemment. Ce n’est pas parce que tu gagnes ce trophée que tu es « immunisé ». Pas du tout. C’est l’inverse même.

A-t-on moins le droit à l’erreur quand on est Ballon d’Or ?

Oui, c’est un peu ça. On doit être fort tout le temps. Tu dois être bon à tous les matches, sinon on dit : « Oh regarde ! » C’est très drôle, mais ça ne change rien. On va toujours recevoir des critiques.

Est-ce qu’on se sent différent des autres quand on est Ballon d’Or ?

Non, après, il faut faire un travail sur soi-même. Il ne faut pas que ton ego prenne le dessus sur toi. Il faut rester soi-même. Je pense que ça, c’est un vrai travail à faire pour chacun des joueurs, surtout si t’es Ballon d’Or. Il faut faire attention à l’ego. Ça peut te manger.

Dembélé « Non, pareil que les autres. »

Est-ce qu’un entraîneur doit gérer un Ballon d’Or différemment ?

Non, pareil que les autres. Après, je pense que quand tu prends un peu d’âge, que tu as passé au moins dix-douze ans dans le football, un entraîneur ne te gère pas comme un jeune qui vient d’arriver dans le monde professionnel, Ballon d’Or ou pas. Je ne suis pas le petit jeune qui vient d’arriver dans le monde professionnel.

A-t-on le droit de ne pas prolonger le contrat d’un Ballon d’Or ?

De ne pas prolonger le contrat ? (Il sourit. Le club et lui sont proches d’une prolongation selon L’Équipe) Tu fais ce que tu veux. Après, c’est à l’entraîneur, au directeur sportif et au président de décider. Tu peux être Ballon d’Or, mais si on ne veut pas te prolonger ou si on veut te dire de partir du club, tu vas partir, mon coco.

Dembélé « Avant de penser à ce trophée individuel, il faut gagner avec l’équipe. »

On peut demander plus de choses à son club quand on est Ballon d’Or ?

Non, il faut être raisonnable.

On doit encore prouver des choses quand on est Ballon d’Or ?

Oui, et même encore plus quand tu gagnes ce trophée. Tu dois montrer chaque saison que tu n’as pas été élu pour rien. Mais au mois d’août, on recommence à zéro. On n’oublie pas le passé, mais on le met de côté et on pense à l’avenir. Quand tu goûtes à ça, t’as envie que ça continue. Avant de penser à ce trophée individuel, il faut gagner avec l’équipe. Parce que si tu ne fais pas une bonne saison individuellement et collectivement, tu ne vas pas le gagner, ce trophée. »

Loin d’un possible melon qui gonfle, Dembélé garde bien les pieds sur terre. Ce qui a demandé un certain « travail », comme il l’avoue. Ce qui est logique avec un tel trophée. Il y a déjà des stars dans le football, c’est ici la consécration d’un joueur. Avec un seul vainqueur par an et un statut qui devient forcément particulier.

Le regard sur le joueur change, pas forcément pour du positif. L’attaquant le souligne, on a de toute façon bien pu le constater, les attentes sont encore plus élevées et les critiques arrivent très vite. Comme si le fait d’avoir remporté le Ballon d’Or donnait un pouvoir un peu spécial afin de tout réussir. Le joueur reste un être humain, avec des erreurs et des périodes plus difficiles. D’autant plus avec une seconde saison de suite à jouer presque sans coupure.

Dembélé a connu des pépins physiques sur la première partie de saison, ce qui a retardé un peu son démarrage. Comme pour toute l’équipe parisienne. Mais le numéro 10 a été très bien géré par le staff, là aussi, comme toute l’équipe. On a pu voir la montée en puissance et le retour en forme afin de briller à nouveau. Et gagner.

Il faut aussi remercier l’excellente mentalité de l’international français, qui ne s’est pas perdu dans l’idée qu’il serait soudainement supérieur aux autres. On voit ici que la philosophie du club et du coach Luis Enrique est bien installée : personne n’est plus haut que le collectif. Le joueur doit toujours penser à l’équipe et gagner sa place pour la suite. Il n’est pas question d’être protégé ou d’avoir des demandes particulières.

C’est une des clefs de la réussite de ce PSG, pourtant bien armé en joueurs exceptionnels. On ne peut qu’espérer que cette symbiose perdure et qu’il y ait encore la solution sur le terrain afin de remporter des trophées collectifs importants. Attention, la victoire n’est jamais garantie et la concurrence sera très féroce cette saison. Mais Paris a des arguments solides. Dont son Ballon d’Or, ainsi que les autres candidats au sein de l’effectif. Et avant tout le collectif, comme toujours.

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