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Autour du PSG

Billet d’humeur – OM/PSG : le « Classique » à la recherche de sa rivalité perdue

À quelques jours d’Olympique de Marseille/Paris Saint-Germain, un chiffre interpelle : Le Parisien recensait encore 7 500 places disponibles au Vélodrome. Pour n’importe quelle autre rencontre, l’information serait presque anodine. Pour le Classique, elle dérange davantage, parce que cette affiche reste le sommet symbolique du football français. Peut-être même davantage dans ce qu’on en attend que dans ce qu’elle est devenue.

Une affiche toujours immense parce qu’on refuse de la banaliser

Il serait tentant de tirer une conclusion spectaculaire : le Classique ne ferait plus rêver. Ce serait aller beaucoup trop vite. Si plusieurs milliers de billets encore disponibles deviennent une information nationale, c’est précisément parce qu’un Olympique de Marseille/Paris Saint-Germain est censé remplir le Vélodrome presque par définition.

Tout ce qui entoure la rencontre continue d’ailleurs de raconter son statut particulier. Les autorités viennent une nouvelle fois de la classer au niveau 5, le degré maximal sur l’échelle des risques, malgré l’absence programmée des supporters parisiens. La LFP a même choisi ce match pour inaugurer son dispositif de ballons événementiels réservés à cinq grandes affiches de Ligue 1. Le cérémonial existe toujours. Le symbole aussi.

Et heureusement. Un Classique ne perd pas plusieurs décennies d’histoire parce qu’une billetterie ralentit pendant quelques jours. Le Vélodrome, Paris, Marseille, les souvenirs accumulés et tout ce que cette opposition apporte suffisent encore à placer la date tout en haut du calendrier.

Le problème n’est pas le passé, mais ce que le présent n’arrive plus à produire

Ce qui s’est érodé est ailleurs. Une véritable rivalité sportive ne se décrète pas. Elle naît lorsque chacun peut réellement empêcher l’autre d’atteindre ses objectifs, lorsque la confrontation dépasse l’orgueil d’un soir pour peser sur une saison. C’est précisément ce que le Classique ne produit plus.

Le paradoxe est d’autant plus cruel que Marseille a brièvement rappelé la saison dernière ce que pourrait redevenir cette opposition. L’OM avait battu Paris 1-0 au Vélodrome, mettant fin à quatorze années sans victoire à domicile dans un Classique. Enfin un accroc. Enfin quelque chose susceptible de nourrir le prochain épisode.

Mais Paris a ensuite remporté le Trophée des Champions face aux Marseillais avant de leur infliger un 5-0 au Parc des Princes, la plus large victoire de l’histoire de cette confrontation. En quelques mois, l’espoir d’un rééquilibrage et la réalité du fossé ont donc coexisté.

C’est peut-être là que se situe le malaise. On continue d’aborder OM-PSG comme le sommet parce qu’aucune autre confrontation française ne possède exactement sa charge symbolique. Mais on attend aussi, année après année, que Marseille retrouve suffisamment de continuité pour que le sommet soit également celui du classement, des ambitions et du rapport de forces.

Paris ne peut pas fabriquer son rival

Il faut évidemment accepter le contrepoint. Une rivalité ne nécessite pas deux champions parfaitement égaux. Un Vélodrome incandescent, une victoire marseillaise inattendue ou quelques rencontres tendues peuvent suffire à faire ressurgir instantanément ce que le Classique possède de particulier. La saison dernière l’a justement rappelé.

Mais cela ne peut pas remplacer indéfiniment une concurrence sportive durable. Le marketing peut fabriquer un ballon spécial, la télévision installer son grand rendez-vous et les autorités mobiliser un dispositif exceptionnel. Aucun de ces éléments ne peut créer la seule chose dont cette affiche aurait réellement besoin : l’incertitude née de deux clubs qui se disputent le même sommet.

Ces 7 500 places ne disent donc probablement pas que le Classique est mort. Elles rappellent plutôt combien il vit encore sur une promesse. Celle de retrouver un jour un Marseille suffisamment fort pour que Paris ne se rende plus au Vélodrome seulement affronter son grand rival historique, mais aussi son grand rival sportif. Le Classique n’a pas besoin d’être réinventé. Il attend simplement depuis trop longtemps que l’OM lui rende ce que le PSG ne peut pas lui offrir seul : une véritable rivalité.

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