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Bayern/PSG - Schéma, Neymar, domination et tactique, l'analyse de Pablo Correa
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Autour du PSG

Bayern/PSG – Schéma, Neymar, domination et tactique, l’analyse de Pablo Correa

Dominer n’est pas gagner et la rencontre entre le Paris Saint-Germain et le Bayern Munich en quart de finale aller de la Ligue des Champions mercredi dernier a une nouvelle fois prouvé l’adage. Subissant les assauts munichois une bonne partie de la rencontre, les Parisiens sont néanmoins revenus d’Allemagne avec une victoire acquise dans la douleur et l’adversité. Ce 3-2 (à revivre ici) obtenu à l’extérieur met le PSG dans de bonnes dispositions pour le match retour mais la marge est loin d’être confortable et les 90 prochaines minutes devront être parfaites pour accéder aux demi-finales. Interviewé par le Parisien, l’ancien coach nancéen Pablo Correa a livré son ressenti sur la victoire et sur le match retour mardi prochain au Parc des Princes.

Le schéma tactique de Pochettino qui ne change pas.

« Souvenez-vous du choix fait par Laurent Blanc à Manchester City. Il avait changé de système juste avant et tout le monde s’était servi de ça pour justifier la défaite car le résultat final commande l’analyse. Mauricio Pochettino travaille avec le 4-2-3-1 depuis son arrivée. L’avantage, c’est qu’il s’est vite transformé presque en 4-4-1-1 avec un Neymar libéré de certains marquages.

Correa « La grande réussite de Pochettino, est d’avoir su s’adapter à l’adversaire en gardant son système. »

Les deux sentinelles ont été chercher les joueurs du Bayern très haut dès qu’ils le pouvaient. Il y a eu des changements précoces, mais ça n’a pas désarmé le PSG. Ni le Bayern, d’ailleurs. Les deux ont joué dans le même système et conservé ce système. La grande réussite de Pochettino, est d’avoir su s’adapter à l’adversaire en gardant son système. C’est très difficile à faire. »

Malgré la défaite en finale en août dernier contre le Bayern, le PSG n’avait pas eu à rougir de sa performance, manquant uniquement de précision devant le but de Manuel Neuer. Cette fois, la réussite a penché du côté parisien et son efficacité a permis de mettre un but de plus malgré 5 fois moins de tirs tentés (6 contre 30). Il faudra toutefois rester le plus concentré possible mardi car le danger sera présent à chaque instant. Et une qualification acquise contre le club bavarois après celle acquise en Catalogne enverrait définitivement un message aux autres équipes encore en lice.

Correa « ce but conditionne tout dans l’attitude du Bayern. »

L’influence du 1er but marqué très vite ?

« Ça influe plus sur le domaine psychologique que tactique. Mais c’est difficile à quantifier. En Ligue 1, les équipes ont du temps pour se mettre en place, défendre. C’est moins le cas dans des matchs aller-retour à élimination directe. Le but de Mbappé conditionne beaucoup de choses : le match, d’abord, mais aussi la confrontation. Je ne dis pas que Paris va se qualifier facilement. Mais ce but conditionne tout dans l’attitude du Bayern. »

Si la barre de Keylor Navas l’a suppléé 1 minute plus tôt sur une tentative de Choupo-Moting, Manuel Neuer n’a pas été autant en réussite et cela a permis à Kylian Mbappé d’ouvrir le score rapidement. Et quand c’est le cas, le PSG, sûr de ses forces en contre-attaque, a vite tendance à laisser venir son adversaire avant de lui asséner un deuxième but normalement fatal.

Loin de se lamenter, le leader de Bundesliga est finalement parvenu à recoller au score avant de voir finalement Mbappé inscrire son deuxième but et donner finalement l’avantage aux siens. Mais la rencontre

Bayern/PSG - Schéma, Neymar, domination et tactique, l'analyse de Pablo Correa

firo: 07.04.2021 Football, Champions League, season 2020/2021, FC Bayern Mv?nchen, Muenchen – Paris St.Germain 1/4 final first leg goal jubilation 1: 0 fv?r PAris by Kylian Mbappv © Kylian Mbappe with Neymar | usage worldwide
Photo by Icon Sport – NEYMAR JR – Kylian MBAPPE – Allianz Arena – Munich (Allemagne)

aurait pu basculer dans l’autre sens et il faudra donc, au risque de se répéter, faire preuve d’énormément de vigilance pour réitérer une telle performance.

Correa « J’ai vu le Neymar de la Ligue des champions, pas celui du championnat. »

Le rôle de Neymar ?

« J’ai vu le Neymar de la Ligue des champions, pas celui du championnat. C’est toujours le même joueur mais, il a intégré sa classe dans l’ensemble du groupe. Un exemple : je ne crois pas qu’en Ligue 1, à la sortie d’un corner, Neymar rejoue en une touche un centre derrière la défense comme sur le but de Marquinhos. Il attendra, tentera un dribble…

Avec ses passes, ses courses, la justesse dans sa technique, dans la plupart des cas, on a vu le joueur qui s’adaptait au collectif. Evidemment, Mbappé attire tous les regards avec son doublé, ses huit buts en huit matchs… Mais Neymar a été extraordinaire. Il a su se libérer en ajoutant une liaison entre sa qualité et le collectif. »

Muet et vite sur les nerfs en Ligue 1, le meneur de jeu Brésilien a parfaitement signé son retour en Ligue des Champions après avoir raté le tour précédent face à son ancien club. Avec deux passes décisives, Neymar a su élever son niveau de jeu et son implication pour apporter à la fois le danger dans le camp adverse mais aussi pour rassurer ses coéquipiers dans les phases défensives.

Après une première « assist » très altruiste pour l’ouverture du score de Kylian Mbappé, il a ensuite montré tout son génie avec sa superbe inspiration vers Marquinhos pour le 2-0. Lui aussi aime l’adversité et lorsqu’il évolue dans ces sphères-là, il montre pleinement pourquoi il est devenu le joueur le plus cher de l’histoire en venant au PSG. Véritable « fuoriclasse », Neymar sera forcément une des clés pour continuer cette campagne européenne.

Correa « Paris a trop permis à cette équipe de centrer. »

Le Bayern Munich a beaucoup dominé ?

« Il n’y a rien d’étonnant à voir Keylor Navas effectuer des arrêts décisifs. Vous êtes en quart de finale de Ligue des champions, malgré les absences adverses, les vôtres, vous savez que vous avez besoin d’un bon gardien. Ce qu’on remarque, ce sont les tirs du Bayern. Paris a trop permis à cette équipe de centrer. Et c’est ce qui me laisse penser que la qualification est ouverte encore. Il est possible qu’on voit le même match à Paris. Si vous laissez trop centrer l’adversaire, vous misez tout sur le duel et vous allez en perdre certains. Le PSG a joué avec deux gamins sur les côtés. Vous jouez en plus avec Draxler, Di Maria. Ils vont s’excentrer, mais il faut aussi qu’ils défendent et c’est ce qui peut expliquer la quantité de centres. »

Avec 5 titulaires du match précédent sur le flanc, Mauricio Pochettino a forcément du faire avec les moyens du bord mais sa grande réussite restera d’avoir su le faire sans changer son style de jeu pour autant. Malgré les absences de Marco Verratti, Alessandro Florenzi, Mauro Icardi, Leandro Paredes et Layvin Kurzawa, le nouveau coach parisien a pu compter sur les joueurs présents et ces derniers ont rempli leur rôle du mieux possible.

D’ici à mardi, la liste des joueurs disponibles va encore évoluer, en espérant le retour du milieu italien notamment mais surtout en croisant les doigts pour que le défenseur brésilien Marquinhos, touché mercredi, soit remis d’ici là. Mais qu’importe les joueurs présents et disponibles, l’état d’esprit collectif devra impérativement être le même.

Correa « C’est quelque chose à revoir pour le match retour. »

Défendre surtout dans l’axe ou les côtés ?

« Contre le Barça, vous pouvez volontairement délaisser les côtés pour vous concentrer dans l’axe. Les joueurs sont plus petits, il y a moins de centres. Face au Bayern, je ne crois pas ce soit une bonne idée. Regardez l’action du but de Choupo-Moting. Le placement du latéral gauche n’est pas bon, il est trop excentré et il oblige Gueye à sortir sur Pavard. Mais on ne peut pas tout demander aux milieux de terrain.

Et pour trouver des bons centres, le Bayern n’a pas besoin de trop s’approcher de la surface. Pavard est éloigné au moment du centre. C’est quelque chose à revoir pour le match retour. Dans l’axe, Paris s’est bien adapté à la sortie de Marquinhos malgré un double changement puisqu’un joueur sort et qu’un autre doit être replacé. »

Bayern/PSG - Schéma, Neymar, domination et tactique, l'analyse de Pablo Correa

Danilo PEREIRA of PSG and Eric Maxim CHOUPO MOTING of Bayern Munchen during the UEFA Champions League, Quarter Final First Leg match between Bayern Munchen and Paris Saint Germain at Allianz Arena on April 7, 2021 in Munich, Germany. (Photo by Anthony Dibon/Icon Sport) – Eric Maxim CHOUPO-MOTING – Danilo PEREIRA – Allianz Arena – Munich (Allemagne)

Marquinhos est un rempart essentiel et le capitaine actuel du PSG est aujourd’hui l’un des meilleurs à son poste. Sa sortie précoce a momentanément forcément perturbé l’équilibre de son équipe et le Bayern a su en profiter avec une réduction du score survenue 7 minutes seulement après ce changement. Malgré les changements forcés, le PSG s’est regroupé et à ce mettre en mode solidaire, bien aidé par leur dernier rempart qui tutoie les étoiles actuellement. On le savait très bon, on le découvre exceptionnel.

Correa « Etre efficace dans le football, c’est faire les choses justes, être concentré. »

Le PSG particulièrement efface ?

« Est-ce une chance que Lewandowski n’ait pas joué ? Certainement pour le PSG. Mais si Mbappé n’est pas là, c’est aussi un handicap. La compétition exige d’être bien le jour J. Ceux qui vont au bout, c’est ceux qui sont au rendez-vous en étant décisifs, efficaces. Ce n’est pas dominer l’adversaire. Etre efficace dans le football, c’est faire les choses justes, être concentré. On réduit souvent ça aux buts marqués mais il n’y a pas que ça. Paris a su être efficace à sa manière. »

Efficace à la fois devant son but mais aussi devant celui adverse avec 3 buts en 4 tirs cadrés, le PSG s’est amélioré en ajoutant ce qui lui avait manqué lors de la dernière finale. Les adversaires du PSG sont souvent qualifiés de diminués quand ils perdent face au club parisien mais que dire du banc Rouge et Bleu, décimé par les blessures, les suspensions et période actuelle oblige, cas de Covid. Avec ses 3 dernières joutes européennes, Pochettino est en train de donner raison à son directeur sportif après la décision de se séparer de l’ancien entraineur Thomas Tuchel en cours de saison.

Une nouvelle vision et une autre manière de travailler ont permis d’insuffler un nouvel état d’esprit, à la fois conquérant et collectif. Une qualification au Parc des Princes face au Bayern le projettera instantanément dans l’histoire de son club de cœur, dans lequel il a déjà évolué en tant que défenseur central de 2001 à 2003. De quoi écrire une des plus pages du PSG.

 

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