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Interview exclusive d'Hervé Penot: Serge Aurier et l'image du PSG en Afrique

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Interview exclusive d’Hervé Penot: Serge Aurier et l’image du PSG en Afrique

Reporter à L’Equipe depuis 1999 et membre régulier de L’Equipe du Soir et spécialiste du football africain, Hervé Penot a accepté de répondre à nos questions autour du Paris Saint-Germain. L’interview est publiée en deux parties (la première à retrouver ici), pour un meilleur confort de lecture. Dans cette seconde partie, nous évoquons le cas de Serge Aurier dans club de la capitale et les liens entre le PSG et l’Afrique.

Vous aviez dit en février que vous ne vouliez pas voir Van der Wiel contre Chelsea (lors du match retour de 8e de finale de Ligue des Champions). Vous pensez qu’il faut le vendre ou croire qu’il va retrouver son meilleur niveau?

S’il peut être vendu, il faut le faire. Pour les sommes évoquées pour le moment, pourquoi pas. Maintenant, il n’y a que Marquinhos et Aurier à ce poste au PSG. Et si Marquinhos ne joue pas en défense centrale, il risque de manquer quelqu’un à ce poste. Van der Wiel, il faudra voir. S’il faut vendre certains joueurs, il en fait partie, surtout qu’il lui reste qu’un an de contrat. Attention, ce n’est pas un mauvais joueur, il a montré qu’il a des qualités, mais il y a aussi bien pour le remplacer.

Aurier a donc gagné sa place de titulaire face à Van der Wiel?

Interview exclusive d'Hervé Penot: Serge Aurier et l'image du PSG en Afrique

Serge Aurier a dû « s’adapter au PSG, parce que c’est un club particulier, il faut montrer que l’on peut s’imposer. »

Je pensais qu’il l’avait gagné. Et, bizarrement, ce n’est pas lui qui a joué la finale de Coupe de France. Et là, j’ai été vraiment surpris. J’étais persuadé qu’il jouerait. Il avait prouvé dans les matchs précédents qu’il était solide défensivement et il était décisif. Aurier s’est mis au rythme du PSG après des débuts difficiles. Tout le monde était d’accord là-dessus.

Alors j’ai envie de dire qu’il n’a certainement pas gagné sa place dans le regard de Laurent Blanc.

Comme vous l’avez dit, il était en difficulté au début au PSG. On l’a vu beaucoup mieux après la CAN. C’est surtout la CAN qui l’a relancé ou c’est l’adaptation à Paris?

Les deux. Il a fallu s’adapter au PSG, parce que c’est un club particulier, il faut montrer que l’on peut s’imposer. Et la CAN a fait beaucoup de bien. C’était un cadre de Hervé Renard, qui comptait énormément sur lui. Et il a réussi une belle CAN (qu’il a gagné, ndlr), ce qui lui a fait beaucoup de bien.

Mais il y a aussi un travail sur lui-même. A un moment, dans un club comme le PSG, on comprend qu’il faut faire encore plus. On ne passe pas de Toulouse à Paris comme ça, surtout ce PSG-là. C’est normal cela fait partie de l’apprentissage d’un joueur. Il ne s’en rend pas toujours compte d’ailleurs. Il pense faire le maximum puis il se rend compte qu’il y a mieux, niveau concentration notamment.

Aurier, recruté pour environ 10 millions d’euros, comme Verratti, c’est un des très beaux coups du PSG ces dernières années?

Non, pas pour l’instant. Il sera l’un des plus beaux coups quand il sera titulaire indiscutable. Pour le moment, visiblement, il ne l’est pas. Les super coups, vous ne le savez qu’après. Je ne parle pas de la qualité du joueur. Parfois de très grands joueurs n’arrivent pas à jouer dans certains clubs, pour raison ou une autre, puis ils explosent ailleurs. Regardez Drogba, il arrive en Ligue 1 à 24 ans.

Les super coups vous ne le savez qu’après, sinon cela serait trop facile.

Aurier a refusé d’aller en sélection en fin de saison, il a raison ou c’est une sorte d’erreur de jeunesse?

Non, pas du tout. Il y a une histoire de primes non réglées après la CAN et certains joueurs ont dit que si cela reste comme ça, ils ne viennent pas. Il en fait partie, c’est un choix mûrement réfléchi. S’il a raison ou pas, ce n’est pas à moi de le dire. Mais ce n’est pas fait sur un coup de tête.

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Pour le moment, Aurier est le seul Africain de l’ère Qatar au PSG

Depuis l’arrivée des Qataris, Aurier est la seule recrue africaine. Il y a une raison particulière?

Il faut savoir que le Qatar s’est proposé pour organiser la CAN après que le Maroc ait refusé. Il y a de fortes chances, si la Guinée Equatoriale ne l’avait pas fait, que le Qatar aurait accueilli la CAN en 2015. Le Qatar adore les joueurs africains. Beaucoup de joueurs sont partis là-bas, dans des clubs qataris. Donc il n’y a surtout pas de racisme. Il n’y avait certainement pas de joueurs de la qualité qu’ils voulaient qui pouvait, ou avait envie, de venir.

N’oublions pas que Aspire a fait un centre au Sénégal, à Saly. Le Qatar espère trouver des talents et accueillir des joueurs africains dans sa sélection.

Il y a une chance qu’ils intègrent le PSG plus tard?

C’est possible, cela dépendra de la qualité des joueurs. S’ils sont bons, en plus ça peut être un symbole pour la Qatar. S’il est bon, ils le ramèneront.

Quelle est l’image du PSG en Afrique?

C’est une image en train de grandir. Dans tous les pays africains francophones, c’est encore Marseille qui domine les débats, c’est clair. Mais Paris commence à grandir. Les gens aiment ceux qui gagnent, Lyon avait gagné quelques supporters. Et quand le PSG fait venir des joueurs, forcément, ça attire.

Le PSG va faire un effort pour développer son image?

Il y a un pays où Paris peut faire une tournée, c’est l’Afrique du Sud. Le problème en général en Afrique pour accueillir le PSG c’est qu’il faut des terrains de bonnes qualités. Dans beaucoup de pays, hors Maghreb et Afrique du Sud, c’est compliqué. Et puis, il ne faut pas oublier que c’est des tournées de business. Là où il y a du business à faire, c’est plutôt l’Afrique du Sud.

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« A un moment, il faut aussi se rendre compte que le football ça dit aussi générer une idée sociale. Il n’y a pas qu’un résultat, un match de foot. C’est tout ce qu’il y a autour. »

Mais à un moment, il faut aussi redonner à l’Afrique ce qu’elle a apporté au football français. A une époque il y avait des tournées en Afrique, avec la Côte d’Ivoire, au Sénégal. Il ne faut pas oublier que l’Afrique est un des terreaux forts du football français. Libreville (le Trophée des Champions joué au Gabon en 2013), c’était très bien.

Il ne faut pas oublier que de nombreux joueurs ne viennent pas du très haut niveau. Notamment les Brésiliens au PSG, ils viennent de quartiers défavorisés, ils connaissent tout ça. Ils sont heureux de rendre un peu de bonheur aux gens. Ils auraient aimé qu’on vienne les voir dans les quartiers pauvres au Brésil. À un moment, il faut aussi se rendre compte que le football ça dit aussi générer une idée sociale. Il n’y a pas qu’un résultat, un match de foot. C’est tout ce qu’il y a autour.

Seulement, l’Asie, les Etats-Unis, ça rapporte plus, c’est comme ça, c’est du business. Je comprends aussi. C’est avoir une image, un nom. Cela permet au club d’intégrer le marché. Et le marché africain rapportera beaucoup moins que les marchés asiatiques et américains.

 

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