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Interview - Michel Montana, speaker du PSG, nous parle des huis clos et de la reprise "c'est juste fou"
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Interview – Michel Montana, speaker du PSG, nous parle des huis clos et de la reprise « c’est juste fou »

Michel Montana, speaker officiel du Paris Saint-Germain depuis 1998, nous a accordé une interview quelques jours après les retrouvailles avec un Parc des Princes plein lors de la réception de Strasbourg le 14 août dans le cadre de la 2e journée de Ligue 1. Une soirée spéciale, puisqu’il y a en plus eu la grande présentation des recrues. Nous avons parlé de ce moment spécial, mais aussi du début des huis clos et notamment du fameux 8e de finale retour de la Ligue des Champions contre le Borussia Dortmund.

Montana « c’était vraiment lunaire. Mais c’était un bon souvenir. »

Comment vous aviez vécu le premier huis face à Dortmund ?

C’était lunaire (rires). On n’est pas habitué à travailler dans ces conditions. Et en même temps, c’est aussi un bon souvenir. Aussi paradoxal que cela puisse être. Déjà parce que le dénouement a été bon sur le plan sportif et émotionnel. Mais c’est vrai qu’il y avait le regret que les supporters ne soient pas là. Mais sinon, j’avais déjà fait 2-3 huis clos pas mal de temps avant suite à des sanctions. Et je savais un peu ce que c’était.

Interview - Michel Montana, speaker du PSG, nous parle des huis clos et de la reprise "c'est juste fou"

PARIS, FRANCE – MARCH 11: (FREE FOR EDITORIAL USE) In this handout image provided by UEFA, Angel Di Maria of Paris Saint-Germain celebrates victory with fans outside the stadium after the UEFA Champions League round of 16 second leg match between Paris Saint-Germain and Borussia Dortmund at Parc des Princes on March 11, 2020 in Paris, France. The match is played behind closed doors as a precaution against the spread of COVID-19 (Coronavirus). (Photo by UEFA – Handout/UEFA via Getty Images)
Photo by Icon Sport – Angel DI MARIA – Parc des Princes – Paris (France)

Mais là, en plus un match de Ligue des Champions. C’est vrai que c’était particulier. On pouvait tout entendre, c’était vraiment lunaire. Mais c’était un bon souvenir, notamment quand les joueurs ont retrouvé les supporters.

Vous avez participé à la fête ?

Non, j’avais une accréditation de l’UEFA et il y a plein de zones où je n’avais pas le droit d’y aller. C’était très frustrant de ne pas suivre les joueurs quand ils se sont donné le mot.

Pour tous les matchs de Ligue des Champions sont comme ça, il y a plein de zones où l’on n’a pas le droit d’aller. Là, c’était encore plus particulier, avec le huis clos, le Covid.

Montana « Je suis là pour être le lien entre le club et les supporters. C’était très frustrant. »

Pensez-vous que l’ambiance après le match a été presque meilleure qu’avec un Parc plein, car il y avait ce contexte si unique ?

C’était juste fou, oui ! C’est comme si tout était réuni pour, malgré tout, passer le tour et trouver une fusion entre les supporters et les joueurs pour faire la fête.

Quand vous avez compris que cette saison a été finie, quel a été votre sentiment ?

Cela a été un choc. Je suis comme tout le monde, personne ne savait comment allait se développer la crise. Tout s’arrêtait, sans avoir aucune vision sur la suite. J’étais sidéré.

La reprise à huis clos, ça faisait envie quand même ?

Il y avait 2 sentiments. J’ai pu travailler quand même à côté. Et la Ligue a toujours laissé le fait qu’il y ait un speaker, j’étais content de retrouver le stade, les joueurs, ma passion. Mais j’étais super frustré pour les supporters. Je suis là pour être le lien entre le club et les supporters. C’était très frustrant.

Et au début, j’avais un peu de mal à prendre mes marques. Je ne voulais pas en faire trop, s’enflammer alors qu’il n’y a personne ça n’a pas de sens. Et en même temps je me suis dit qu’il y a des moments où c’était trop terne la façon dont j’annonçais. Je me suis dit que j’allais penser aux supporters devant la télévision et je l’ai fait un peu plus normalement. Mais de façon moins appuyée, quand même.

Montana « Chaque supporter aurait aimé être à ma place. Donc c’est un peu des deux. »

Vous deviez tout de même présenter la composition des équipes avant le match ?

C’est un peu différent en huis clos, puisque j’annonçais aussi le nom alors que normalement les supporters le font. Là, je faisais le tout, avec les numéros. Je n’ai jamais demandé au délégué de la Ligue, mais je pense que cela fait partie du cahier des charges. Il y a aussi les remplacements et les buts.

Certains ont dit sur des événements sportifs qu’ils se sentaient privilégiés, c’est votre cas aussi ?

C’était très bizarre, mais je me sentais privilégié. Chaque supporter aurait aimé être à ma place. Donc c’est un peu des deux.

Comment vous êtes vous habitués au stade vide ?

L’homme s’habitue à tout. Peu importe ce qu’on nous demande, même si les conditions sont changées on s’y fait. Moi, au bout de quelques matchs, j’ai pris des habitudes. Même si c’est frustrant et que l’on ne savait pas combien de temps ça allait durer. Finalement, c’était un an et demi…

Quelle a été votre émotion quand le retour des supporters contre Strasbourg a été validé ?

Entre-temps, il y a eu 2-3 matchs amicaux avec une jauge très faible. C’était en 2020 durant le mois de juillet. On avait pu goûter un peu au bonheur d’avoir des supporters. Mais on a été obligé de refaire des matchs à huis clos.

Montana « J’ai halluciné quand j’ai entendu les Virages. »

Il y avait toujours un stress pour la rentrée contre Strasbourg ou surtout de la joie en allant au match ? 

Tout s’est mélangé, vraiment, tous les sentiments. Jamais je n’aurais imaginé que l’on reprenne avec un stade plein. J’ai été agréablement surpris, comme tout le monde. Mais il y avait une forme de stress. C’était le match où tout se passe : le retour au Parc, la jauge pleine, la présentation des recrues et la cerise sur le gâteau : Messi. C’était une soirée avec beaucoup de choses. C’est comme tout, comme les cuisines d’un grand restaurant, l’atmosphère est différente une fois que l’on pousse les portes de la cuisine (rires). Il a fallu s’adapter à plein de choses.

Interview - Michel Montana, speaker du PSG, nous parle des huis clos et de la reprise "c'est juste fou"

(L-R) Achraf HAKIMI of Paris Saint Germain (PSG), Georginio WIJNALDUM of Paris Saint Germain (PSG), Gianluigi DONNARUMMA of Paris Saint Germain (PSG), Sergio RAMOS of Paris Saint Germain (PSG) and Lionel MESSI of Paris Saint Germain (PSG) are presented to the fans ahead of the French Ligue 1 Uber Eats soccer match between Paris Saint Germain and Strasbourg at Parc des Princes on August 14, 2021 in Paris, France. (Photo by Baptiste Fernandez/Icon Sport) – Achraf HAKIMI – Lionel MESSI – Gianluigi DONNARUMMA – Georginio WIJNALDUM – Sergio RAMOS – Parc des Princes – Paris (France)

Par exemple, j’étais supposé être sur le podium jusqu’à peu de temps avant la cérémonie. D’un coup, on m’a dit que non, que je ferais le lien avec les supporters. Cela ne me dérangeait pas du tout, c’est ce que je revendique d’être. Mais il a fallu s’adapter, je n’étais plus maître de cérémonie mais présentateur.

Et puis il y avait un bruit comme je ne m’en souvenais plus. J’ai halluciné quand j’ai entendu les Virages, principalement Auteuil. On avait un peu perdu les marques sonores. On n’avait pas forcément les retours, je n’ai pas entendu quand on m’a annoncé. C’était un stressant, mais au final c’était un grand pied (rires).

Montana « Il faut prendre du plaisir en restant concentré. »

C’est comment de présenter des joueurs comme Sergio Ramos ou Messi au Parc des Princes ?

C’est juste fou ! J’ai eu la chance de présenter des joueurs qui ont marqué l’histoire du club avant. Mais là, chaque recrue était déjà un événement à elle seule, plus Messi c’est fou. De retrouver le joueur du Barça et le joueur du Real sous le maillot parisien, c’est fou ! (rires). Je ne sais pas si on s’en rend compte.

Même si vous êtes dans votre travail, à ce moment vous sentez la part de supporter qui vibre aussi en vous ?

Je ne l’ai jamais caché, je fais ce que l’on me demande je suis le bon soldat, je suis un bon professionnel, j’assure le travail le mieux possible. Mais en moi, il y a toujours le supporter. Et là, c’est le supporter qui s’exprime quand il annonce des stars comme Messi. Avec les problèmes que cela peut poser. Comme je ne m’entendais pas, j’ai poussé un peu sur la voix. Ce qu’il ne faut pas faire, mais c’est humain. Et donc j’ai poussé sur les cordes vocales, mais c’est aussi le supporter.

C’est difficile de rester concentré vu l’événement et du retour avec une énorme ambiance ?

Après, c’est aussi l’habitude du travail. Il faut faire attention à ne pas trop s’emballer, à rester concentré. Un grain de sable peut avoir des conséquences importantes. Je dois faire attention pour ne pas gâcher le travail de la régie. Il faut rester concentré pour ne pas se laisser embarquer et devenir plus spectateur qu’acteur. Il faut prendre du plaisir en restant concentré.

Montana « si je pouvais vivre cela au moins une fois, ce serait juste génial. »

La musique d’entrée des joueurs a surpris, car ce n’était pas la classique chanson de Phil Collins, mais il a été dit que c’était une erreur. Vous pouvez confirmer ?

Non, je ne sais pas honnêtement. Je l’ai entendu aussi, mais je n’ai pas demandé lors du débrief. Je ne sais pas.

Après avoir présenté Messi au Parc, quel rêve vous reste-t-il en tant que speaker du Parc ?

Ah, il est simple ! Que l’on gagne la Ligue des Champions et de pouvoir la présenter au Parc (rires). Je sais que mon avenir est derrière moi, alors si je pouvais vivre cela au moins une fois, en tant que speaker-supporter, ce serait juste génial. Là, c’est la piste aux étoiles, on imagine déjà les choses que l’on va pouvoir vivre.

Il y aura sans doute des moments fabuleux. Après, je suis comme tous les supporters, je vais m’enflammer sur un geste somptueux ou une action collective de malade. Mais au fond de moi, si j’ai un rêve c’est le même que tous les supporters et le club, c’est d’aller au bout en Ligue des Champions.

Montana « Qu’ils restent comme ils sont (rires) ! Ils sont toujours là, je les admire. »

Enfin, un message pour les supporters du PSG pour le reste de la saison ?

Qu’ils restent comme ils sont (rires) ! Ils sont toujours là, je les admire. Qu’ils sachent que je suis avec eux, même si je ne suis pas proche. Je pense toujours à eux au micro. J’ai des impératifs, je ne peux pas faire tout ce que j’aimerais faire. On est dans une façon différente de travailler. Mais je l’accepte volontiers, on vit des choses fabuleuses. Mais que les supporters sachent que c’est à eux que je pense en premier.

Vous allez prendre un abonnement au Parc après votre carrière ?

Je ne sais pas, ce sera dur pour moi (rires). Je ne sais pas si je vivrai ça d’un peu loin, en restant proche. J’ai toujours été supporter, c’est mon club. J’ai assisté au barrage entre le PSG et Valenciennes pour la montée en D1. A l’époque, je ne pouvais pas imaginer que je serai un jour le speaker. J’étais loin de penser à tout ça. Mais la vie fait que je me suis retrouvé avec le micro au Parc.

Interview - Michel Montana, speaker du PSG, nous parle des huis clos et de la reprise "c'est juste fou"

Fans of Paris Saint Germain display a TIFO before the French Ligue 1 Uber Eats soccer match between Paris Saint Germain and Strasbourg at Parc des Princes on August 14, 2021 in Paris, France. (Photo by Baptiste Fernandez/Icon Sport) – — – Parc des Princes – Paris (France)

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