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Ligue 1 - Gérard Lopez regrette que la LFP soit "une institution faible"
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Ligue 1 – Gérard Lopez regrette que la LFP soit « une institution faible »

Gérard Lopez, président du LOSC, s’est confié dans une interview accordée à L’Equipe publiée ce mardi. Forcément, il a longuement été question de l’arrêt de la Ligue 1 2019-2020, alors que les autres grands championnats européens reprennent pour terminer l’exercice en cours. S’il ne conteste pas l’idée de s’arrêter pour donner la priorité à la santé, le dirigeant lillois regrette qu’il n’y ait pas eu plus de patience et souligne que le football français a besoin d’une autorité claire et forte. Selon lui, la Ligue de Football Professionnel en est loin.

Lopez « je ne dis pas que ceux qui ont repris ont raison. »

« Pourquoi le LOSC a accepté la décision ?

Pour la raison principale évoquée par le gouvernement, c’est-à-dire celle sanitaire. Je ne me permettrai jamais de faire passer un match de foot avant la santé. Mais j’aurais espéré que l’on dise à l’époque : ‘On ne sait pas. On attend d’en savoir plus.’ Pas qu’on dise : ‘On reprend, on fait un tournoi, on empile les matches.’ . Il fallait éviter de prendre des décisions néfastes. Même aujourd’hui, je ne dis pas que ceux qui ont repris ont raison. Car ils n’ont pas encore terminé. Mais ils ont eu de l’intelligence dans l’approche du problème. Et on est, quasiment, les seuls à avoir arrêté.

Lopez « On dit qu’il n’y a qu’en France que les présidents ont tous pris la parole. Qu’ils ne trouvent pas d’accord. »

Quel est le problème de la LFP ?

Ce n’est pas une question de personnes, mais de fonctionnement. À ce jour, je ne me rappelle plus combien de comités ou de groupes décisionnaires ont été constitués. Ni leur mode de fonctionnement individuel. Ce puzzle rend impossible de pouvoir parler d’une seule voix. Cela fait de la LFP une institution faible et amène à une situation rocambolesque. On dit qu’il n’y a qu’en France que les présidents ont tous pris la parole. Qu’ils ne trouvent pas d’accord. En Italie, en Espagne, en Allemagne, ils n’ont pas pris la parole. Ils ont une Ligue forte. Elle a pris des positions fermes après consultation. Tout le monde s’y est tenu. Et, contrairement à d’autres pays, notre gouvernement a eu une parole très forte. À laquelle personne ne peut s’opposer par respect de la hiérarchie institutionnelle. »

Le discours de Lopez est plutôt compréhensible, puisqu’il semblait en effet possible d’au moins attendre un peu pour prendre une décision définitive. Cependant, il n’oublie pas que mettre la santé de chacun en priorité est loin d’être insensé. C’est bien de voir quelques présidents de Ligue 1 le rappeler. Tout comme le fait que les reprises des autres championnats n’auront pas forcément un bilan positif. Même si c’est possible. Ce qui n’enlèverait pas que la décision française peut être bonne aussi. De quoi permettre de limiter les risques et préparer au mieux la saison prochaine, alors que les pays qui ont repris auront peut-être du mal à enchaîner tout en évitant les blessures.

Quant à la LFP, il ne faut pas non plus tout lui mettre sur le dos. Les présidents des clubs français avaient aussi le droit d’être plus discret et de se mettre d’accord au lieu de parler dans tous les sens dans les médias. Mais en effet, une autorité plus claire et forte aurait pu aider le football français à mieux se comporter durant cette crise. Tout le monde est d’accord pour dire qu’il y a trop de groupes et d’étapes pour arriver à quelque chose. Reste à améliorer le système pour avancer. Ce qui n’empêche pas que les présidents devront de toute façon faire un effort afin d’avoir un comportement un peu plus solidaire. Les voir se battre dans les médias avec des idées plus ou moins farfelues n’apporte rien.

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