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Affaire Edel : Stop ou encore ?

Publie le 09/11/2010 a 21:24



  • Les dirigeants stéphanois se doutaient-ils que leur réserve à l’encontre d’Edel Apoula un soir de match de 2009 irait si loin. Pour le savoir, il faudrait qu’ils acceptent de répondre à cette interrogation. Sans leurs aveux, nul ne peut le savoir, en revanche ce que l’opinion publique sait tout comme la justice, c’est que le club du Forez s’y connait en faux papiers! En effet, il y a une dizaine d’années, le club fut lourdement condamné dans l’affaire Alex-Aloiso (déjà). Cette affaire aurait pu à l’époque faire autant de bruit que celle d’Edel, mais voilà les mauvaises langues le savent: St-Etiennes on s’en fout et le Brésil n’est pas le Cameroun, ni l’Afrique. D’ailleurs Bergressio et Fernandez furent traité dans l’anonymat. L’affaire n’est donc pas nouvelle et d’autre club comme Bordeaux et Monaco y furent confronté.

    En revanche, la nouveauté est exprimée par les sommes investies et la place médiatique croissantes du football dans l’économie mondiale. La question de fond et ce depuis plusieurs mois: le foot est-il toujours un sport? Lorsque la LFP se partage des droits télé à hauteur de 600millions d’euros, peut-on parler encore de sport? Dans son club de quartier, se préoccupe-t-on de connaitre l’âge du capitaine? Assurément non. Le foot glisse ou a glissé dans le monde de la religion économique. Et pour parapher Obama: la réussite sociale passe malheureusement par le foot. L’affaire Edel dépasse donc de facto les personnes d’Apoula ou Abroise (peu importe sa véracité). Elle dépasse les hommes, car il s’agit là du procès d’un système.

    Certains médias font choux gras de cette affaire, le lecteur peut y lire tout et rien, mais dans le fond c’est le 44ème pays (la France) au classement de la liberté de la presse (d’après RSF) qui cite le 129ème pays (le Cameroun). Qui croire? Où est la véracité? Peut-on croire le journal 10sport lorsqu’il affirme qu’un commissaire brise un secret de l’instruction en révélant non seulement une échéance de jugement, mais des détails sur les prochains témoins? Cela parait irréel. Un autre fameux webzine (football365) cite à son tour un article du quotidien camerounais « Le Jour »…Malheureusement Haman Mana, le rédacteur en chef du journal local, a appris la publication du « scoop » sur Edel qu’une fois son journal imprimé ! Étonnant….

    Mais lorsque l’argent se mêle au foot y a-t-il des raisons de rester raisonnable? Lorsqu’on est extérieur au fanatisme ou aux intérêts footballistiques, on peut le croire, surtout en lisant Haman Mana sur le site de Rue89 à sujet des dessous de l’affaire Edel « Vous ne pouvez pas l’écrire, les associations de lutte contre le racisme vous tueront ». Autant dire que la justice marche sur des oeufs! Nombreux pensent en effet que ni la justice civile, ni l’ UEFA, ni FIFA, ni Fécafoot souhaitent voir cette affaire aller plus loin de peur de s’attirer les foudres populaires et rouvrir la boite de Pandore des âges en Afrique.

    Voilà donc le dénominateur commun de l’affaire. Qui annoncera que dans le foot (comme ailleurs) des émigrés, avec la complicité de leur pays d’origine et la complaisance leurs employeurs, utilisent parfois des faux papiers pour travailler ? Qui affirmera qu’un club de football doit (comme toute société) s’assurer de la véracité des papiers de ses (non pas licenciés, mais) employés ? Dans les cas d’emplois de travailleurs irréguliers, la loi prévoit de lourdes peines jusqu’à la prison, non pas pour l’employé, mais pour l’employeur. Dur, dur de s’imaginer Bazin en prison…Alors, si on noyait le poisson?

    Voilà ce qui pourrait arriver de mieux dans cette affaire: le foot jette un pavé dans la marre du travail clandestin (ce qui n’est malheureusement pas arrivé avec l’affaire SENI – société de nettoyage dont vous trouverez facilement les détails). Peu importe donc de l’issu du jugement, il se pourrait bien que la post-sentence dépasse le simple cadre du nominatif pour nous plonger dans les profondeurs d’un procès de l’exploitation humaines. D’un côté des pays africains qui ferment les yeux ou encouragent les départs de leurs citoyens (parce qu’avoir un Éto’o à l’inter c’est plus valorisant qu’avoir un prix Nobel) et de l’autre côté des patrons, des dirigeants, des États occidentaux qui voient cette main d’oeuvre étrangère comme une « marchandise » malléable et à bas coût.

    En conclusion et pour rappeler que les mots sont importants, le terme d’esclavagisme n’est pas approprié dans cette affaire Edel. Par respect pour les esclaves d’à travers le monde d’aujourd’hui et d’hier, ne parlons pas d’esclaves dans le football professionnel. Par respect pour Tina, l’ancienne esclave de Godwin et épouse Okpara, usons des mots juste. Oui à travers l’affaire Edel et à travers notre langage respectons et pensons à toutes les Tina du monde entier, pensons aux esclaves de France, d’Europe, du Moyen-Orient et d’ailleurs, pensons aussi aux travailleurs exploités de la SENI, du bâtiments, de la restauration qui gagnent au mieux des demis et des quarts de smic qu’ils doivent souvent reverser à un passeur ou à un marchant de sommeil…Et pensons également aux mots juste envers ceux qui profitent et alimentent les malheurs et les hontes!

    Publie le 09/11/2010 a 21:24

    Affaire Edel : Stop ou encore ?

    Les dirigeants stéphanois se doutaient-ils que leur réserve à l’encontre d’Edel Apoula un soir de match de 2009 irait si loin. Pour le savoir, il faudrait qu’ils acceptent de répondre à cette interrogation. Sans leurs aveux, nul ne peut le savoir, en revanche ce que l’opinion publique sait tout comme la justice, c’est que le club du Forez s’y connait en faux papiers! En effet, il y a une dizaine d’années, le club fut lourdement condamné dans l’affaire Alex-Aloiso (déjà). Cette affaire aurait pu à l’époque faire autant de bruit que celle d’Edel, mais voilà les mauvaises langues le savent: St-Etiennes on s’en fout et le Brésil n’est pas le Cameroun, ni l’Afrique. D’ailleurs Bergressio et Fernandez furent traité dans l’anonymat. L’affaire n’est donc pas nouvelle et d’autre club comme Bordeaux et Monaco y furent confronté.

    En revanche, la nouveauté est exprimée par les sommes investies et la place médiatique croissantes du football dans l’économie mondiale. La question de fond et ce depuis plusieurs mois: le foot est-il toujours un sport? Lorsque la LFP se partage des droits télé à hauteur de 600millions d’euros, peut-on parler encore de sport? Dans son club de quartier, se préoccupe-t-on de connaitre l’âge du capitaine? Assurément non. Le foot glisse ou a glissé dans le monde de la religion économique. Et pour parapher Obama: la réussite sociale passe malheureusement par le foot. L’affaire Edel dépasse donc de facto les personnes d’Apoula ou Abroise (peu importe sa véracité). Elle dépasse les hommes, car il s’agit là du procès d’un système.

    Certains médias font choux gras de cette affaire, le lecteur peut y lire tout et rien, mais dans le fond c’est le 44ème pays (la France) au classement de la liberté de la presse (d’après RSF) qui cite le 129ème pays (le Cameroun). Qui croire? Où est la véracité? Peut-on croire le journal 10sport lorsqu’il affirme qu’un commissaire brise un secret de l’instruction en révélant non seulement une échéance de jugement, mais des détails sur les prochains témoins? Cela parait irréel. Un autre fameux webzine (football365) cite à son tour un article du quotidien camerounais « Le Jour »…Malheureusement Haman Mana, le rédacteur en chef du journal local, a appris la publication du « scoop » sur Edel qu’une fois son journal imprimé ! Étonnant….

    Mais lorsque l’argent se mêle au foot y a-t-il des raisons de rester raisonnable? Lorsqu’on est extérieur au fanatisme ou aux intérêts footballistiques, on peut le croire, surtout en lisant Haman Mana sur le site de Rue89 à sujet des dessous de l’affaire Edel « Vous ne pouvez pas l’écrire, les associations de lutte contre le racisme vous tueront ». Autant dire que la justice marche sur des oeufs! Nombreux pensent en effet que ni la justice civile, ni l’ UEFA, ni FIFA, ni Fécafoot souhaitent voir cette affaire aller plus loin de peur de s’attirer les foudres populaires et rouvrir la boite de Pandore des âges en Afrique.

    Voilà donc le dénominateur commun de l’affaire. Qui annoncera que dans le foot (comme ailleurs) des émigrés, avec la complicité de leur pays d’origine et la complaisance leurs employeurs, utilisent parfois des faux papiers pour travailler ? Qui affirmera qu’un club de football doit (comme toute société) s’assurer de la véracité des papiers de ses (non pas licenciés, mais) employés ? Dans les cas d’emplois de travailleurs irréguliers, la loi prévoit de lourdes peines jusqu’à la prison, non pas pour l’employé, mais pour l’employeur. Dur, dur de s’imaginer Bazin en prison…Alors, si on noyait le poisson?

    Voilà ce qui pourrait arriver de mieux dans cette affaire: le foot jette un pavé dans la marre du travail clandestin (ce qui n’est malheureusement pas arrivé avec l’affaire SENI – société de nettoyage dont vous trouverez facilement les détails). Peu importe donc de l’issu du jugement, il se pourrait bien que la post-sentence dépasse le simple cadre du nominatif pour nous plonger dans les profondeurs d’un procès de l’exploitation humaines. D’un côté des pays africains qui ferment les yeux ou encouragent les départs de leurs citoyens (parce qu’avoir un Éto’o à l’inter c’est plus valorisant qu’avoir un prix Nobel) et de l’autre côté des patrons, des dirigeants, des États occidentaux qui voient cette main d’oeuvre étrangère comme une « marchandise » malléable et à bas coût.

    En conclusion et pour rappeler que les mots sont importants, le terme d’esclavagisme n’est pas approprié dans cette affaire Edel. Par respect pour les esclaves d’à travers le monde d’aujourd’hui et d’hier, ne parlons pas d’esclaves dans le football professionnel. Par respect pour Tina, l’ancienne esclave de Godwin et épouse Okpara, usons des mots juste. Oui à travers l’affaire Edel et à travers notre langage respectons et pensons à toutes les Tina du monde entier, pensons aux esclaves de France, d’Europe, du Moyen-Orient et d’ailleurs, pensons aussi aux travailleurs exploités de la SENI, du bâtiments, de la restauration qui gagnent au mieux des demis et des quarts de smic qu’ils doivent souvent reverser à un passeur ou à un marchant de sommeil…Et pensons également aux mots juste envers ceux qui profitent et alimentent les malheurs et les hontes!




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    En revanche, la nouveauté est exprimée par les sommes investies et la place médiatique croissantes du football dans l’économie mondiale. La question de fond et ce depuis plusieurs mois: le foot est-il toujours un sport? Lorsque la LFP se partage des droits télé à hauteur de 600millions d’euros, peut-on parler encore de sport? Dans son club de quartier, se préoccupe-t-on de connaitre l’âge du capitaine? Assurément non. Le foot glisse ou a glissé dans le monde de la religion économique. Et pour parapher Obama: la réussite sociale passe malheureusement par le foot. L’affaire Edel dépasse donc de facto les personnes d’Apoula ou Abroise (peu importe sa véracité). Elle dépasse les hommes, car il s’agit là du procès d’un système.

    Certains médias font choux gras de cette affaire, le lecteur peut y lire tout et rien, mais dans le fond c’est le 44ème pays (la France) au classement de la liberté de la presse (d’après RSF) qui cite le 129ème pays (le Cameroun). Qui croire? Où est la véracité? Peut-on croire le journal 10sport lorsqu’il affirme qu’un commissaire brise un secret de l’instruction en révélant non seulement une échéance de jugement, mais des détails sur les prochains témoins? Cela parait irréel. Un autre fameux webzine (football365) cite à son tour un article du quotidien camerounais « Le Jour »…Malheureusement Haman Mana, le rédacteur en chef du journal local, a appris la publication du « scoop » sur Edel qu’une fois son journal imprimé ! Étonnant….

    Mais lorsque l’argent se mêle au foot y a-t-il des raisons de rester raisonnable? Lorsqu’on est extérieur au fanatisme ou aux intérêts footballistiques, on peut le croire, surtout en lisant Haman Mana sur le site de Rue89 à sujet des dessous de l’affaire Edel « Vous ne pouvez pas l’écrire, les associations de lutte contre le racisme vous tueront ». Autant dire que la justice marche sur des oeufs! Nombreux pensent en effet que ni la justice civile, ni l’ UEFA, ni FIFA, ni Fécafoot souhaitent voir cette affaire aller plus loin de peur de s’attirer les foudres populaires et rouvrir la boite de Pandore des âges en Afrique.

    Voilà donc le dénominateur commun de l’affaire. Qui annoncera que dans le foot (comme ailleurs) des émigrés, avec la complicité de leur pays d’origine et la complaisance leurs employeurs, utilisent parfois des faux papiers pour travailler ? Qui affirmera qu’un club de football doit (comme toute société) s’assurer de la véracité des papiers de ses (non pas licenciés, mais) employés ? Dans les cas d’emplois de travailleurs irréguliers, la loi prévoit de lourdes peines jusqu’à la prison, non pas pour l’employé, mais pour l’employeur. Dur, dur de s’imaginer Bazin en prison…Alors, si on noyait le poisson?

    Voilà ce qui pourrait arriver de mieux dans cette affaire: le foot jette un pavé dans la marre du travail clandestin (ce qui n’est malheureusement pas arrivé avec l’affaire SENI – société de nettoyage dont vous trouverez facilement les détails). Peu importe donc de l’issu du jugement, il se pourrait bien que la post-sentence dépasse le simple cadre du nominatif pour nous plonger dans les profondeurs d’un procès de l’exploitation humaines. D’un côté des pays africains qui ferment les yeux ou encouragent les départs de leurs citoyens (parce qu’avoir un Éto’o à l’inter c’est plus valorisant qu’avoir un prix Nobel) et de l’autre côté des patrons, des dirigeants, des États occidentaux qui voient cette main d’oeuvre étrangère comme une « marchandise » malléable et à bas coût.

    En conclusion et pour rappeler que les mots sont importants, le terme d’esclavagisme n’est pas approprié dans cette affaire Edel. Par respect pour les esclaves d’à travers le monde d’aujourd’hui et d’hier, ne parlons pas d’esclaves dans le football professionnel. Par respect pour Tina, l’ancienne esclave de Godwin et épouse Okpara, usons des mots juste. Oui à travers l’affaire Edel et à travers notre langage respectons et pensons à toutes les Tina du monde entier, pensons aux esclaves de France, d’Europe, du Moyen-Orient et d’ailleurs, pensons aussi aux travailleurs exploités de la SENI, du bâtiments, de la restauration qui gagnent au mieux des demis et des quarts de smic qu’ils doivent souvent reverser à un passeur ou à un marchant de sommeil…Et pensons également aux mots juste envers ceux qui profitent et alimentent les malheurs et les hontes!

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