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PSG/Arsenal – Emery encense Luis Enrique, mais refuse d’enterrer Arsenal
Ancien entraîneur du Paris Saint-Germain (2016-2018) et d’Arsenal (2018-2019), Unai Emery, 54 ans, désormais à Aston Villa, a livré dans un entretien pour L’Equipe, un regard très élogieux sur Luis Enrique, 56 ans, et son équipe avant la finale de la Ligue des Champions entre les Parisiens et les Gunners. Mais derrière les compliments, l’Espagnol insiste aussi sur le niveau d’Arsenal et annonce une finale parfaitement équilibrée.
Emery « Luis Enrique fait un excellent travail »
« Qu’est-ce qui vous surprend le plus ? Que le PSG soit en finale de la Ligue des champions pour la deuxième année d’affilée, ou qu’il ait fallu vingt ans à Arsenal pour retrouver ce niveau ?
J’apprécie beaucoup la façon dont les deux équipes jouent actuellement, la façon dont elles performent. Luis Enrique fait un excellent travail. Sa capacité à créer de la sympathie est fantastique, il a beaucoup de personnalité, il a complètement transformé le PSG. C’est toujours incroyable de les regarder jouer. Cela avait déjà été le cas l’année dernière quand on les avait affrontés en quarts de finale de la Ligue des champions (1-3 ; 3-2).
Aujourd’hui, c’est le meilleur club du monde, la meilleure équipe, celle qui produit la meilleure performance collective avec le meilleur entraîneur, même s’il y a bien sûr beaucoup d’autres bons techniciens. Concernant Arsenal et Arteta, ils sont tellement compétitifs, ils performent de manière fantastique également. Les deux équipes méritent de jouer cette finale.
Emery « Arsenal, ils jouent brillamment »
Peut-on présenter cette finale comme une opposition de styles ? Arsenal développait un football plus attractif en début de saison…
Non, non, non. Qu’est-ce que ça signifie de jouer un « bon football » ? Jouer un bon football, c’est rivaliser pour gagner. Et quand vous gagnez, vous jouez bien. Après, c’est une question de jouer de manière brillante ou non. Et, à Arsenal, ils jouent brillamment. Peut-être que, vu la longueur de la saison et la façon dont elle se déroule, il y a parfois eu de la fatigue chez certains joueurs. Par exemple, Martin Zubimendi. Il a fait une première partie de saison fantastique, et maintenant il ne joue pas de manière constante dans le onze de départ. C’est un exemple. Mais Arsenal joue de manière fantastique.
Il ne faut pas la résumer à une équipe qui défend bien et qui marque sur coups de pied arrêtés ?
(Rires) Qu’est-ce que vous voulez que je vous réponde ? Je vous l’ai dit, ils jouent de façon fantastique, ils sont très compétitifs… et ils sont très bons sur les phases arrêtées.
Emery « C’est du 50/50″
Y a-t-il un favori qui se dégage selon vous ?
C’est du 50/50.
Quel regard portez-vous sur l’évolution du PSG depuis votre départ ?
Je suis tellement heureux pour Nasser al-Khelaïfi parce qu’il a toujours été très… très respectueux avec moi. Il a permis au club de grandir en étant patient. Je suis aussi très heureux pour Marquinhos. Un très bon professionnel en tant que joueur, mais aussi un mec fantastique. C’est le seul joueur qui est encore là depuis mon départ. Et bien sûr, je suis heureux pour Luis Enrique parce qu’il le mérite aussi.
Emery « Il réussit toujours. Pourquoi ? Parce que c’est un grand compétiteur, et parce qu’il aime le football »
La clé du succès, c’était de mettre fin à la politique des « stars » ?
Je ne sais pas. Aujourd’hui, il y a Ousmane Dembélé, Khvitcha Kvaratskhelia, Vitinha… des joueurs fantastiques.
Vous auriez aimé diriger cette équipe ?
Je suis heureux pour eux.
Plus globalement, comment expliquez-vous la réussite des entraîneurs espagnols sur la scène européenne ?
Chacun est différent. Luis Enrique, son expérience est massive, et il a toujours eu du succès. Cela a été le cas quand il entraînait l’équipe réserve de Barcelone, il a eu des résultats fantastiques quand il était au Celta Vigo, à la Roma, puis de nouveau au FC Barcelone où il a gagné la Ligue des champions (en 2015). Il a aussi eu des résultats avec l’équipe nationale, et maintenant au PSG. Il réussit toujours. Pourquoi ? Parce que c’est un grand compétiteur, et parce qu’il aime le football. Sa vie est tournée principalement vers le football, et il est concentré sur ça. C’est ça la raison.
La sincérité d’Unai Emery ne fait guère de doute. L’ancien coach parisien connaît le Paris Saint-Germain, connaît l’exigence européenne, et son regard sur la transformation opérée par Luis Enrique a donc un poids particulier. En qualifiant Paris de meilleure équipe du moment, il valide autant la progression collective que l’identité construite depuis deux saisons.
Mais son discours ne ressemble pas à une autoroute vers le triomphe parisien. Emery refuse justement de réduire Arsenal à une équipe défensive ou dangereuse uniquement sur coups de pied arrêtés. Pour lui, la formation de Mikel Arteta, 44 ans, joue très bien, rivalise très haut et mérite pleinement sa place en finale. Le message est clair : Paris arrive avec des certitudes, mais pas avec un droit divin à la victoire.
Ce 50/50 avancé par Emery ressemble presque à une mise en garde élégante. Le PSG peut impressionner, séduire et dominer les débats collectifs, mais une finale de Ligue des champions ne récompense pas toujours l’équipe la plus brillante sur le papier. Arsenal a assez d’armes, de structure et de confiance pour transformer cette affiche en vrai bras de fer.






