Editos
Billet d’humeur – Deux Ligues des champions plus tard, le PSG a toujours faim
Deux Ligues des champions consécutives pourraient donner envie de souffler un peu. Visiblement, pas au Paris Saint-Germain. Dans le Portugal Football Summit Podcast, Luis Campos (62 ans) a raconté qu’il pensait déjà à une troisième victoire dès la finale remportée à Budapest. Ça peut sembler gourmand. C’est surtout un sacré signe de ce qu’est devenu le PSG.
Deux C1, et toujours quelque chose à aller chercher
Il y a une phrase de Campos qui résume finalement assez bien la situation : « la faim est toujours là ». Elle pourrait ressembler à une formule toute faite de dirigeant. Après deux Ligues des champions consécutives, elle prend quand même une autre dimension.
Parce que le vrai risque, après avoir enfin atteint le sommet, était peut-être celui-là : se sentir arrivé.
Le PSG a tellement couru après cette Ligue des champions qu’on pouvait se demander ce qui se passerait une fois l’obsession assouvie. La réponse est assez simple : il en a gagné une deuxième. Et quelques mois plus tard, son conseiller sportif explique déjà qu’il pense à la troisième.
Évidemment, ça ne garantit absolument rien. Heureusement d’ailleurs, sinon on pourrait directement passer au printemps. Mais cette capacité à ne pas considérer les deux dernières saisons comme un aboutissement est probablement l’un des signes les plus intéressants du changement parisien.
Pendant longtemps, le PSG a surtout cherché à atteindre le niveau des grands clubs européens. Aujourd’hui, son défi est différent : rester à ce niveau. Et pour ça, il faut justement réussir à ne pas trop admirer ce qu’on vient de faire.
Le luxe de pouvoir penser à la suivante
C’est aussi ce qui rend le discours de Campos assez savoureux quand on repense au parcours européen du PSG. Pendant des années, Paris voulait simplement en gagner une. Chaque printemps ramenait son lot de scénarios improbables, de désillusions et de grandes théories sur ce qui empêchait ce club de franchir la dernière marche.
Aujourd’hui, on parle tranquillement d’en gagner trois de suite. Il faut quand même mesurer le changement. Ce PSG n’est plus en train de chercher la soirée qui validera définitivement son projet. Il doit désormais gérer une situation presque opposée : comment continuer à avancer quand on vient déjà de vivre deux saisons que le club aurait probablement signées les yeux fermés il y a encore quelques années ?
C’est là que le travail de Luis Enrique (56 ans) devient particulièrement intéressant. Il ne s’agit plus seulement de construire une équipe capable de gagner. Il faut empêcher une équipe qui a beaucoup gagné de penser, même inconsciemment, qu’elle sait déjà comment gagner.
Et sur ce point, entendre Campos parler immédiatement de la suite est plutôt rassurant. Il n’efface pas ce qui a été accompli. Il refuse simplement d’en faire un point final.
Vouloir la troisième ne la rend pas normale
Il reste malgré tout une frontière à ne pas franchir. Que le PSG pense à une troisième Ligue des champions est une excellente nouvelle. Que nous commencions tous à considérer qu’il doit forcément la gagner en serait une beaucoup moins bonne.
Paris est désormais attendu, étudié et jugé avec les exigences réservées aux meilleures équipes européennes. C’est le prix logique de ses résultats. Mais une saison ne devient pas ratée parce qu’elle ne se termine pas systématiquement avec la Coupe aux grandes oreilles.
C’est peut-être le drôle d’équilibre que le PSG doit désormais trouver. À l’intérieur, agir comme si deux Ligues des champions ne suffisaient pas. À l’extérieur, ne jamais oublier à quel point en gagner une seule est déjà compliqué. La faim dont parle Campos est probablement l’une des meilleures nouvelles pour Paris. À condition de garder l’appétit sans finir par croire que le festin est devenu obligatoire.





