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Billet d’humeur – PSG et NBA Europe : un logo suffit-il à faire un club ?
Le Paris Saint-Germain pourrait se lancer dans la future NBA Europe. Selon L’Équipe, trois pistes sont envisagées : passer par le Paris Basketball, reprendre les Metropolitans de Levallois ou créer une équipe. L’ambition intrigue, mais elle soulève une question assez simple : porter le même blason suffit-il à donner envie de soutenir le même club dans un autre sport ?
Commençons par une précision utile : la NBA Europe serait une compétition européenne portée par la NBA et la Fédération internationale de basket, la FIBA. Le PSG ne partirait donc pas jouer le championnat américain. Le projet prévoit des places permanentes et des possibilités de qualification sportive. Ses contours restent en construction, et la participation parisienne n’est pas acquise. On peut laisser la valise pour Boston dans le placard.
Pour le reste, l’idée mérite mieux qu’un enthousiasme automatique ou un rejet de principe. Le nom PSG peut attirer des regards vers une équipe de basket. Il ne dit pas combien resteront devant les matchs une fois la curiosité passée. Et cette différence devrait compter autant que les modalités d’entrée dans la compétition.
L’attachement ne se rachète pas avec l’équipe
Les trois pistes évoquées ne racontent pas la même histoire. Passer par le Paris Basketball ou reprendre Levallois suppose de composer avec un club existant, son parcours et son public. Créer une équipe oblige à construire cette relation depuis le début. Dans les deux cas, il faudra davantage qu’un changement de maillot et une vidéo de lancement particulièrement émouvante.
Un supporter du PSG peut aimer le football, suivre le handball, s’intéresser au basket ou se contenter d’un seul de ces sports. Rien d’incohérent là-dedans. La fidélité à un club n’est pas un abonnement à toute la gamme. On peut vouloir découvrir une nouvelle équipe sans éprouver immédiatement pour elle ce que l’on ressent au Parc des Princes.
L’autre public compte également. Si une structure existante est reprise, ses supporters ne devraient pas devenir les figurants d’une nouvelle histoire racontée sans eux. Le basket parisien existe déjà. Il n’attend pas qu’on lui apporte un ballon avec une tour Eiffel dessus pour découvrir ses propres ambitions.
Le PSG peut donner envie de découvrir le basket
Pour autant, voir dans ce projet une dilution nécessaire de l’identité parisienne serait un peu court. Le PSG possède une équipe de handball et a déjà connu une section basket, le PSG Racing, entre 1992 et 2000. L’ouverture à plusieurs sports ne serait donc pas une invention surgie au dernier conseil d’administration.
Elle peut aussi avoir du bon. Un nom connu facilite la découverte d’une équipe. Des moyens supplémentaires peuvent financer des joueurs, de la formation et des équipements. Une ambition commerciale peut accompagner un projet sportif intéressant. Faire comme si les deux étaient incompatibles serait commode, mais assez peu sérieux.
Et puis personne ne devrait avoir besoin d’un diplôme de basket pour pousser la porte d’une salle. On découvre parfois un sport grâce à une équipe, avant de comprendre ce qui fait sa richesse. Le PSG pourrait provoquer cette rencontre. Il faudrait simplement laisser aux gens le temps et la liberté de s’attacher, sans considérer leur soutien comme déjà acquis.
Le vrai projet commencera après l’annonce
La question sera donc très concrète : où jouerait cette équipe, à quels prix pourrait-on la suivre, quelle place aurait-elle dans la vie sportive locale ? Une salle accessible, des rencontres auxquelles on peut revenir et une équipe que l’on apprend à connaître feront davantage pour l’adhésion qu’un discours sur le rayonnement mondial.
En cas de reprise, le respect de l’histoire existante comptera aussi. En cas de création, il faudra accepter qu’une histoire ne se décrète pas. Elle viendra des matchs, des joueurs, des habitudes et des gens qui seront là lorsque la soirée sera moins prestigieuse que prévu.
Le projet mérite donc d’être regardé avec curiosité et exigence. Le PSG pourrait ouvrir une porte vers le basket à une partie de son public, tout en accueillant ceux qui aiment déjà ce sport. Ce serait une vraie réussite. Mais l’adhésion se vérifiera dans la durée, pas dans les réactions au communiqué. Le premier billet pourra se vendre grâce au logo. Le suivant devra se gagner sur le parquet.




