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Billet d’humeur – Le PSG est devenu calme… et c’est presque déstabilisant

Ce lundi 5 octobre, le Paris Saint-Germain est au repos avant trois entraînements à huis clos et un retour à la compétition samedi contre Le Mans, comme l’indique PSG.fr. Voilà. Pas de crise, pas de déclaration à décortiquer pendant huit heures, pas de guerre froide supposée. Presque inquiétant. Car il fut un temps où le PSG savait remarquablement occuper ses temps morts.

Quand il ne se passait rien, on trouvait toujours quelque chose

Il ne faudrait pas réécrire l’histoire en faisant de l’ancien PSG une téléréalité permanente. Mais enfin, le club avait développé une certaine expertise dans l’art de transformer une période creuse en feuilleton. Un penalty pouvait devenir une affaire d’État. En août 2022, l’ordre des tireurs entre Neymar Jr (34 ans) et Kylian Mbappé (27 ans), puis quelques « likes » du Brésilien sur les réseaux sociaux, avaient suffi à installer un nouveau « penaltygate ». Quelques mois plus tard, Lionel Messi (39 ans) était suspendu après son voyage non autorisé en Arabie saoudite. Entre les deux, il y avait rarement besoin de secouer très fort la boîte pour obtenir quelque chose.

Et les médias n’étaient évidemment pas les derniers à profiter du spectacle. Nous non plus, d’ailleurs. Quand un club concentre autant de stars, d’argent, d’attentes et d’ego, le moindre petit caillou fait du bruit. Paris fournissait les cailloux, tout l’écosystème apportait les mégaphones. Ce qui frappe aujourd’hui, ce n’est donc pas seulement qu’il n’y ait pas de polémique particulière. C’est qu’on ne ressente même plus ce petit parfum d’essence en attendant que quelqu’un craque une allumette.

Luis Enrique n’a pas supprimé les problèmes, il leur a retiré le pouvoir

Depuis l’arrivée de Luis Enrique (56 ans) en 2023, le PSG n’est évidemment pas devenu un monastère. L’Espagnol fait des choix forts, bouscule des statuts, sort des joueurs à la pause, laisse parfois des cadres sur le banc et entretient une concurrence féroce. Cette saison encore, son management a largement alimenté les discussions. Mais voilà justement la différence : on parle de football.

Pourquoi untel ne joue pas ? Pourquoi celui-ci est remplacé ? Quelle animation choisir ? Est-ce que la concurrence devient trop forte ? On peut aimer ou détester les décisions de Luis Enrique, mais elles s’inscrivent dans un cadre identifiable. Le chef est connu, sa méthode aussi, et personne ne semble découvrir les règles un lundi matin en ouvrant Twitter.

Le PSG a d’ailleurs prolongé son entraîneur jusqu’en 2030 début septembre, en même temps que plusieurs joueurs importants. Ce genre de décision ne garantit rien, le football sait broyer les projets de cinq ans en trois défaites, mais elle raconte une direction. Et une direction, à Paris, ce n’est pas exactement un détail historique.

Attention quand même à ne pas confondre calme et perfection

Il serait très tentant de conclure que tout est désormais formidable, que le PSG est devenu le Bayern sous anxiolytiques et que les crises appartiennent définitivement au musée. Ce serait idiot. Le début de saison parisien a déjà produit des résultats décevants et des interrogations. Luis Enrique peut se tromper. Certains joueurs peuvent mal vivre leur situation. Une vraie crise reviendra probablement un jour, parce qu’un très grand club qui perd plusieurs matchs découvre généralement assez vite que la sérénité possède une date de péremption.

Mais une différence essentielle demeure : aujourd’hui, un problème sportif ressemble d’abord à un problème sportif. Il n’est plus automatiquement interprété comme le premier épisode de l’effondrement du projet, le signe d’une guerre interne ou la bande-annonce du prochain mercato. Alors oui, ce 5 octobre est terriblement calme autour du PSG. Pour celui qui doit remplir des pages, ce n’est pas forcément une excellente nouvelle. Il faut presque travailler pour trouver un sujet, quelle indignité.

Pour le club, en revanche, ce silence dit quelque chose. Luis Enrique n’a pas simplement construit une équipe qui gagne davantage. Il a participé à construire un PSG capable de traverser un temps mort sans inventer sa propre tempête. À Paris, on a connu des trophées plus spectaculaires. Mais cette victoire-là était peut-être l’une des plus difficiles à obtenir.

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