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Dudek se confie à France Bleu : arrivée, évolution, rôle, équipe et Prêcheur
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Dudek se confie à France Bleu : arrivée, évolution, rôle, équipe et Prêcheur

Mardi dernier, Pia Clemens a rencontré Paulina Dudek, défenseure centrale de 25 ans arrivée au Paris Saint-Germain en 2018, au centre d’entraînement de Bougival, pour enregistrer une interview France Bleu Paris (en audio ici)  avec l’internationale polonaise. Retour sur son parcours, sa progression, son ressenti sur l’histoire Diallo-Hamraoui. La défenseure s’adresse aussi aux Ultras du Paris Saint-Germain.

Dudek « une décision qui allait changer ma vie. »

À ton arrivée en 2018, depuis la Pologne, tu avais 21 ans. Raconte-nous ton vécu et ta signature au Paris Saint-Germain.

J’étais en phase de préparation avec Medyk Konin. J’ai eu une semaine, même pas, pour prendre une décision qui allait changer ma vie. Je savais que Paris était un des meilleurs clubs d’Europe. C’était simple de choisir, mais pas simple de prendre cette décision. Je savais que je partais loin de famille et de mes amis.

Avant de jouer au Paris Saint-Germain, tu n’étais pas défenseure. Explique-nous ce changement de poste, depuis le milieu de terrain.

C’est mon ancien coach en sélection (Miłosz Stępiński) qui a m’a mise en défense, 1 ou 2 mois avant mon arrivée au PSG. À Paris j’avais la possibilité de changer, parce qu’il y avait Irene Paredes (2016-2021) et Érika (2015-2018) à ce poste. Il n’y a pas grande différence entre les deux positions, mais j’ai une bonne vision de jeu pour une défenseure parce que j’ai été milieu de terrain. Je vois plus loin et j’envoie des ballons plus forts.

Dudek « Je suis différente d’il y a 3-4 ans. Je joue avec de grandes joueuses »

Est-ce qu’avoir joué aux côtés de Irene Paredes a eu un rôle dans ta progression incroyable ?

C’est sûr à 100%. Elle ne le sait sûrement pas. Quand tu joues plusieurs années avec elle, tu restes en contact sans arrêt. Dehors et en dehors du terrain. Il y avait bonne connexion entre nous.

Désormais pilier de l’effectif, tu es une référence à ce poste. Tu penses avoir ce rôle pour les joueuses aujourd’hui ?

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Je suis différente d’il y a 3-4 ans. Je joue avec de grandes joueuses, Amanda (Ilestedt) par exemple. On apprend de l’autre, on apprend à jouer ensemble. Les joueuses les moins expérimentées apprennent de nous, même s’il y a aussi Elisa (De Almeida), qui est joueuse internationale.

Dudek « Je donne tout à chaque match, comme si c’était la guerre. »

On a demandé à Bruno Hermant, spécialiste Féminines pour CulturePSG, de te dresser un portrait : puissante, rapide et tu as surtout un bon leadership. Pour lui, tu es son top 3 des meilleures joueuses du PSG, notamment dû à ton charisme sur le terrain.

Je suis vraiment contente d’entendre ça. J’ai appris que si quelqu’un me dit ça, c’est que c’est peut-être vrai. (Rires) Je fais le maximum chaque année pour être top 3.

Quelles sont tes qualités ? Tes défauts ?

Je sais faire des passes qui cassent les lignes. C’est plus simple pour nos milieux et attaquantes pour qu’elles puissent être proches des buts adverses. Ma vitesse est à améliorer.

On a demandé à Sakina Karchaoui et Elisa De Almeida que si elles devaient partir à la guerre, avec qui elles iraient. Les deux m’ont tout de suite répondu « avec Pau », pourquoi ?

(Rires) Elles se sentiront plus en sécurité. Que ça soit en club ou en sélection, on joue à 100% pour soi-même mais surtout pour les coéquipières. Je donne tout à chaque match, comme si c’était la guerre.

Dudek « je n’ai jamais regretté cette signature. »

Tu as prolongé ton contrat le 02 novembre dernier. Deux jours après a lieu l’agression (NDLR : affaire Hamraoui). Aujourd’hui on tourne une nouvelle page blanche. As-tu eu des moments de regrets, après la prolongation ?

Il faut rester professionnelle, même si c’est impossible de ne pas penser à cette histoire. Je me suis dit qu’il fallait rester focus sur le terrain, je devais travailler avec ça. Mais je n’ai jamais regretté cette signature.

Cet été, il y a eu beaucoup de mouvements au club. Quelle est l’arrivée qui t’a fait le plus plaisir ?

Je savais, après la saison passée, qu’on allait faire de nouvelles choses. Après les changements, joueuses et staff, [les promotions de] Sabrina (Delannoy) et Angelo (Castellazzi) [à la direction sportive], la situation est devenue plus confortable. Les joueuses et moi avons fait une bonne préparation, on se comprend mieux et il y a une meilleure ambiance. On a tous les ingrédients pour faire de grandes choses.

Dudek « toutes les joueuses ont dû prendre cette responsabilité de marquer plus cette saison. »

Quelle a été ta réaction en apprenant que Gérard Prêcheur allait devenir coach au Paris Saint-Germain ? Tu le connaissais ?

Pas du tout. J’ai parlé avec les joueuses qui le connaissaient. Je n’ai eu que des infos positives, j’étais contente.

Tu peux nous décrire le jeu sur le terrain, qui a dû un peu changer ?

C’est clair. Quand Marie-Antoinette Katoto est blessée, toutes les joueuses ont dû prendre cette responsabilité de marquer plus cette saison. Même moi, sur les coups de pied arrêtés, je dois faire de mon mieux, parce que la meilleure buteuse est blessée.

Comment ça se passe pendant les entraînements ?

On sait quand on doit être sérieuses et rire. On est sérieuses et concentrées quand le coach parle, on sait ce qu’il attend de nous; mais il y a des moments où on sourit, on rigole évidemment.

Dudek « C’est un projet sur long terme mais on a déjà une équipe, un staff, pour faire la meilleure saison. »

Vous parlez beaucoup avec Gérard Prêcheur ?

On parle oui avec Prêcheur. Beaucoup tactique, parce que chaque semaine c’est un peu différent, selon les adversaires.

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Est-ce qu’avec Sakina Karchaoui (gauche), Amanda Ilestedt (axiale) et Ashley Lawrence (droite), vous avez une défense de fer ? La meilleure défense d’Europe ?

Je pense top 5, pour avoir les premières places il faut travailler chaque mois, chaque semaine, chaque entrainement pour prouver. Je ne veux pas dire qu’on est le top 1, c’est le résultat qui parlera. Mais on peut l’être.

La section féminine du Paris Saint-Germain est-elle en transition ou ça va être saison avec plein de trophées ?

C’est un projet sur long terme mais on a déjà une équipe, un staff, pour faire la meilleure saison. Cette saison on peut tout gagner.

Si tu fais meilleure saison que celle de 2018, où vous avez été championnes de France, on t’épouse.

(Rires) On va faire tout pour gagner tous les titres.

Dudek « Je veux aider l’équipe sur et en dehors des terrains. Brassard ou pas, ça ne change rien. »

Tu as fait plusieurs interviews avec Gérard Prêcheur au sujet du capitanat. Contre Rodez, c’était Kadidiatou Diani, puis Grace Geyoro. Qui est la capitaine ?

C’est un truc ouf [d’être capitaine] mais ce n’est pas le plus important. Je veux aider l’équipe sur et en dehors des terrains. Brassard ou pas, ça ne change rien. C’est la même chose. C’est la décision du coach. Je connais Kadi (Diani), Grace (Geyoro), ce sont des bonnes joueuses et de bonnes personnes; elles sont ce que j’attendrais si j’étais coach. Entre nous, il n’y a aucun problème à ce sujet.

Pia Clemens précise que c’est un capitanat « tournant» entre les quatre joueuses suivantes : Diani, Dudek, Geyoro, Lawrence.

Quel est votre état d’esprit avant le match de mercredi soir, contre le BK Häcken en UEFA Women Champion’s League ?

On est excitées, c’est sûr. C’est magnifique de commencer cette compétition au stade Jean Bouin, face à une bonne équipe. Je pense que tout le monde est prêt.

Dudek « Je me sens vraiment bien, c’est ma deuxième maison. »

Un mot pour les supporters, les Ultras notamment ?

Merci pour la saison dernière. On a senti qu’ils étaient derrière nous, même si on n’a pas toujours le temps de leur dire qu’ils sont importants pour nous. On en parle avec les joueuses, c’est pour laquelle on joue. grand merci pour eux. Ne changez rien.

Es-tu heureuse à Paris ?

Bien sûr. C’est clair, oui. Je me sens vraiment bien, c’est ma deuxième maison. J’ai beaucoup amis aujourd’hui, c’est comme une deuxième famille et je suis contente que Dieu m’ait donné cette opportunité.

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