Editos
Billet d’humeur – Et si l’on regardait l’attaque du PSG au mauvais endroit ?
Interrogé par Canal+ ce dimanche 11 octobre avant Manchester City/PSG, Erling Haaland (26 ans) a salué le Paris Saint-Germain en insistant sur Achraf Hakimi (27 ans) et Nuno Mendes (24 ans). Un buteur fasciné par deux défenseurs : le détail mérite qu’on s’y arrête. Il raconte une équipe dont l’attaque se comprend aussi en regardant ceux qui partent de derrière.
L’attaque du PSG commence aussi derrière
Quand on parle de l’attaque parisienne, le réflexe est de discuter des ailiers, de l’avant-centre, de celui qui mérite sa place. Ces joueurs ont une responsabilité particulière dans la création et la finition. Mais Hakimi et Mendes changent les conditions dans lesquelles ils travaillent. Un latéral capable de déborder oblige un adversaire à surveiller cette course. L’ailier peut alors rentrer dans l’axe, combiner ou bénéficier d’un duel plus favorable. Sur la feuille de match, les défenseurs restent derrière les attaquants. C’est pratique pour présenter une composition. Un peu moins pour comprendre ce qui se passe ensuite.
Lors de la victoire 3-1 contre Le Mans samedi, Hakimi en a donné une illustration concrète. C’est son incursion dans la surface, conclue par une tentative de sombrero et une main adverse, qui amène le penalty de l’ouverture du score. À la 53e minute, il se retrouve encore lancé face au gardien, qui repousse sa frappe. Le Marocain intervient donc dans la zone où l’on attend habituellement un attaquant. Son poste ne lui interdit ni de provoquer une occasion ni de la finir. Et l’adversaire doit gérer ce joueur supplémentaire, avec tout ce que cela change dans ses repères.
La passe décisive ne raconte pas tout
Le plus intéressant se voit parfois sur une action où le latéral ne touche même pas le ballon. L’analyse de l’UEFA après PSG/Arsenal du 7 mai 2025 relevait ainsi une course d’Hakimi qui ouvrait de l’espace pour qu’un partenaire rentre dans l’axe, avant une combinaison débouchant sur une occasion. Voilà un apport qui échappe au compte des buts et des passes décisives. La course rend une autre action possible. Pour juger un ailier, il faut donc aussi regarder les solutions autour de lui. Un duel peut être beaucoup plus facile quand le défenseur a déjà quelqu’un d’autre à surveiller.
Deux latéraux, plusieurs façons de faire mal
Hakimi et Mendes apportent également une menace quand Paris récupère le ballon. Leur vitesse permet d’attaquer un espace avant que l’adversaire ait retrouvé son organisation. On l’avait vu à Villa Park, le 15 avril 2025 : les deux buts parisiens avaient été inscrits par les deux latéraux. Le genre de détail qui complique gentiment une causerie consacrée aux trois joueurs de devant. Ils peuvent participer au départ de l’action, accompagner la progression et arriver pour conclure. Les enfermer dans leur couloir ferait perdre au PSG une partie de ses possibilités.
La liberté se construit à plusieurs
C’est aussi ce qui rend le regard de Haaland intéressant. Il salue toute l’équipe, puis s’attarde sur ces deux joueurs et leurs déplacements. Le danger parisien vient de plusieurs endroits, avec des rôles qui évoluent au fil de l’action. Luis Enrique (56 ans) dispose de deux profils exceptionnels pour développer cette mobilité. Cela ne dispense évidemment pas les attaquants de réussir leurs dribbles ou leurs frappes. Cela rappelle simplement que leur liberté dépend aussi du travail des autres. Quand un joueur trouve de la place, quelqu’un a souvent contribué à la lui créer.
Le retour fait partie de l’aller
Reste une condition assez peu négociable : derrière une montée, il faut une équipe qui tienne. Les espaces laissés peuvent être exploités, une perte de balle mal gérée peut coûter cher et la vitesse ne répare pas tout. Les milieux doivent accompagner, les défenseurs ajuster leur position et les attaquants participer à la récupération. Hakimi et Mendes doivent aussi choisir leurs moments et défendre leurs duels. Les regarder uniquement comme deux coureurs infatigables ferait oublier cette exigence. Leur qualité permet de prendre des initiatives ; l’organisation collective doit rendre ces initiatives possibles sans exposer Paris à chaque ballon perdu.
Avant de juger l’attaquant, regarder ses partenaires
Les compliments de Haaland invitent finalement à élargir le regard. Avant de conclure qu’un attaquant est isolé, servi trop tard ou incapable de faire la différence, observer ce qui se passe autour de lui peut changer le diagnostic. Hakimi et Mendes font partie de cette lecture. Le PSG possède deux latéraux capables de rendre ses attaquants meilleurs, et parfois de faire le travail eux-mêmes. Les défenseurs adverses, eux, ont rarement le loisir de s’en tenir aux postes « classiques » de ces joueurs.







